Modifié le 02 août 2019 à 12:34

Le Vaudois Félix Vallotton à l'honneur de la Royal Academy of Art à Londres

Le peintre vaudois Félix Valloton est à l'honneur à la Royal Academy of Art à Londres.
Le peintre vaudois Félix Vallotton est à l'honneur à la Royal Academy of Art à Londres. 19h30 / 2 min. / le 01 août 2019
Le peintre vaudois Félix Vallotton n'avait plus été exposé depuis 43 ans en Angleterre. Ses peintures sont désormais à découvrir à la Royal Academy of Art à Londres, avant le Metropolitan Museum de New York en octobre.

La rétrospective de Félix Vallotton à la Royal Academy of Art, à Londres, met en lumière 53 toiles et 45 gravures. Elle retrace l'œuvre de l’artiste vaudois par le biais d’un parcours chronologique sous le nom de "peintre de l’inquiétude" ("Painter of Disquiet").

L'un des points forts de cette exposition réside dans sa célèbre série de scènes d’ombre à l’intérieur, "Les intimités". Peints dans des combinaisons de couleurs saisissantes, chacun empreint de malaise, ils montrent comment l'héritage de Vallotton s'est répercuté sur le XXe siècle, des peintures d'Edward Hopper aux films d'Alfred Hitchcock.

>> A voir, "Intimités" de Félix Vallotton, un court métrage en réalité virtuelle

Une grande indépendance

"Le fil rouge de son style est sa grande indépendance, notamment d'esprit, le fait qu'il ne ressemble à personne. Il a travaillé certes avec les nabis (lire encadré) mais dans un style très différent", explique à la RTS Katia Poletti, commissaire de l'exposition Vallotton à Londres et conservatrice de la Fondation Félix Vallotton à Lausanne.

L'oeuvre de Vallotton reste encore méconnue en Angleterre, pays dans lequel le peintre a pourtant souvent voyagé. Cela s'explique peut-être par la nature même de ses productions. "Je pense que la peinture de Vallotton n'est pas faite pour séduire. Elle n'est pas décorative, elle demande un peu d'efforts. On doit s'arrêter devant un tableau et l'observer un moment pour comprendre ce qu'il se passe. Ses oeuvres comportent une certaine tension, qui peut être dérangeante et peut-être heurter un certain public", analyse Katia Poletti.

Ses oeuvres ne sont pas toujours comprises de prime abord, comme en témoigne le fameux tableau "Bain au soir d’été" exposé à la Royal Academy of Art à Londres.

"Le bain au soir d'été" de Félix Vallotton, 1892-1893.
"Le bain au soir d'été" de Félix Vallotton, 1892-1893. [Fine Art Images/Heritage Images - Getty Image]

"Il s'agit vraiment du premier tableau nabi de Vallotton, qui a été présenté en 1893 au Salon des indépendants", explique Katia Poletti.

A l'époque, Toulouse-Lautrec a dit de ce tableau qu'il allait probablement être décroché par la police. La peinture a suscité pas mal de moqueries et n'a pas été forcément comprise à l'époque. Le tableau est finalement resté exposé durant tout le Salon des indépendants mais cela a un peu refroidi Vallotton qui ensuite pendant quelques années n'a plus présenté de peintures dans des expositions parisiennes.

Katia Poletti, commissaire de l'exposition Vallotton à Londres et conservatrice de la Fondation Félix Vallotton

La dernière exposition du Vaudois en terre britannique date de 1976. Il était temps de réparer cette erreur et de montrer son œuvre au public anglais. En octobre, l’exposition s’installera au Metropolitan Museum de New York.

Sujet tv: Julie Evard/mh

Exposition "Félix Vallotton: Painter of Disquiet", Royal Academy of Arts, Londres, jusqu'au 29 septembre

Publié le 02 août 2019 à 12:29 - Modifié le 02 août 2019 à 12:34

Les nabis

Le mouvement nabi (dont les membres sont les nabis) est un mouvement artistique postimpressionniste d'avant-garde, né à la fin du XIXe siècle en réaction contre la peinture académique et qui perdurera jusqu'au début du XXe siècle.

Férus de littérature symbolique et de textes ésotériques, ils se rassemblent tous les mois autour de dîners pendant lesquels ils échangent et définissent une nouvelle peinture. Paul Sérusier devient une figure emblématique du groupe qui reconnaît dans son tableau, Le Talisman (1888, musée d’Orsay), le manifeste de l’esthétique qu’ils entendent développer, peint sur les conseils de Paul Gauguin lors de son séjour à Pont-Aven.