Modifié le 06 mai 2019 à 16:50

Helen Dahm, l'artiste zurichoise pionnière de l'art moderne

Le Musée d’art de Thurgovie consacre une rétrospective à l’artiste Helen Dahm pour le cinquantième anniversaire de sa mort
Le Musée d’art de Thurgovie consacre une rétrospective à l’artiste Helen Dahm pour le cinquantième anniversaire de sa mort 19h30 / 2 min. / le 27 avril 2019
Décédée il y a 50 ans, la peintre Helen Dahm a poursuivi sans relâche sa quête artistique. Le Musée d'art de Thurgovie consacre une rétrospective à cette pionnière de l’art moderne helvétique, encore méconnue du grand public.

Helen Dahm, Autoportrait, 1927. Helen Dahm, Autoportrait, 1927. [Kunstmuseum Thurgau] L'artiste zurichoise Helen Dahm était une peintre inquiète, forte, indépendante, sans cesse en quête de nouveaux courants artistiques pour tenter de trouver des réponses à ses questions sur la vie, sur la nature, sur le rôle des femmes aussi. Née en 1878, à une époque où devenir une artiste n'allait pas de soi, elle a vécu jusqu'à 90 ans. "Elle a traversé presque un siècle d’histoire de l’art, durant lequel il y a eu beaucoup de profondes mutations, notamment les Modernes au début du XXe siècle. Elle a vécu tous ces changements", explique Stefanie Hoch, curatrice au Musée d’art de Thurgovie à Ittingen.

Explorant, expérimentant les styles et les époques, Helen Dahm est une pionnière de l'art moderne. Elle part se former à Munich, où elle côtoie alors des artistes comme Kandinsky ou Paul Klee avant de rentrer chercher son inspiration dans la campagne zurichoise. A 60 ans, elle choisit de balayer la quiétude d'Oetwil am See pour poursuivre sa quête de sens dans un ashram en Inde, en quelque sorte une précurseur du mouvement hippie. Son séjour sera écourté. Malade, la Zurichoise doit rentrer subitement en Suisse.

Reconnaissance tardive

Pour Helen Dahm, la reconnaissance est tardive. Elle arrive en 1954, lorsqu'elle devient la première femme artiste à obtenir le prestigieux prix d’art de la ville de Zurich. Poursuivant sans relâche sa quête artistique, la Zurichoise se confrontera finalement à l'art abstrait. Elle approche alors les 80 ans.

Ce tournant intervient en 1957, lorsque le Spoutnik est lancé dans l’espace, la conquête ultime de la sphère céleste. Sa réaction est la suivante: comment puis-je encore peindre des fleurs alors qu’une nouvelle ère commence?

Stefanie Hoch, conservatrice du Musée d’art de Thurgovie

Helen Dahm avec son chat en 1955-56. Helen Dahm avec son chat en 1955-56. [Emil Spühler, Zürich - Regula Witzig, Oetwil am See] Cette pionnière de l’art moderne helvétique reste méconnue du grand public. Pour les curateurs de cette rétrospective, son œuvre mérite largement d’être réévaluée.

Noémie Guignard/mh

"Helen Dahm, Ein Kuss der ganzen Welt", Musée d'art de Thurgovie, jusqu'au 25 août 2019

Publié le 29 avril 2019 à 14:32 - Modifié le 06 mai 2019 à 16:50