Modifié le 18 janvier 2019 à 11:40

L’artiste contestataire Piotr Pavlenski condamné à un an de prison ferme

L'artiste russe Piotr Pavlenski et sa femme Oksana Chaliguina le 16 janvier 2017 à Paris.
L’artiste Piotr Pavlenski condamné La Matinale / 1 min. / le 11 janvier 2019
Il y a un an, l’artiste russe Piotr Pavlenski avait incendié une façade de la banque de France pour dénoncer le pouvoir des banquiers. La justice française l'a condamné jeudi à trois ans de prison dont deux avec sursis.

Les actions de Piotr Pavlenski sont toujours assez spectaculaires: il s’est cousu la bouche en soutien aux Pussy Riot et s'est cloué les testicules sur la Place Rouge à Moscou pour dénoncer l’apathie de ses concitoyens. Il a également incendié une porte du siège des services secrets russes.

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En Russie, il a connu la détention provisoire et l'expertise psychiatrique mais au final la justice ne l’a condamné qu'à une simple amende. Le Kremlin ne voulait certainement pas lui donner une aura de martyr.

Hommage à la France révolutionnaire

En 2016, il est accusé d’agression sexuelle et s’enfuit de Russie. Il reçoit alors l’asile politique en France et reprend ses performances. Le 16 octobre 2017, place de la Bastille à Paris, il met le feu à une succursale de la banque de France.

L'incendie était, selon Piotr Pavlenski, une performance artistique intitulée "Eclairage". "La banque de France, située place de la Bastille, c'est historiquement honteux", a expliqué l'artiste, admiratif de "la France révolutionnaire qui était à l'avant-garde".

Jeudi, le procès s’est tenu dans une ambiance de performance comme il aime à les créer. Comme il a fait près d’un an de détention provisoire, il devrait être libre rapidement. Il prétend qu'entre la prison et la liberté, il n’y a pas vraiment de différence et qu'il est inutile de chercher une logique dans les condamnations du pouvoir, quel qu'il soit. En attendant, les médias russes ne se sont pas privés de raconter depuis son arrestation comment la France réprime la liberté d’expression.

Isabelle Cornaz/afp/mh

Publié le 11 janvier 2019 à 14:36 - Modifié le 18 janvier 2019 à 11:40