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Apprendre l'histoire grâce au jeu vidéo "Assassin's Creed"

Visuel de "Assassin's Creed Origins". [Ubisoft]
Jeux vidéo: Assassinʹs creed et le prof dʹhistoire / Vertigo / 6 min. / le 4 avril 2018
Le jeu vidéo "Assassin's Creed" pourrait peut-être un jour s'inviter dans les cours d'histoire. Ubisoft a développé un mode découverte avec le dernier épisode de la saga.

Cela fait dix ans que la saga du jeu vidéo d'Ubisoft "Assassin's creed" fait découvrir la Rome antique, les cités de la Renaissance, Boston à l'époque du Tea Party ou encore, Paris durant la Révolution française.

L'idée est toujours la même: quelle que soit l'époque, le joueur incarne un assassin qui doit résoudre des énigmes et déjouer des complots en tuant ses ennemis. Un jeu vidéo d'aventure et d'action, interdit au moins de 18 ans, mais basé sur des événements historiques.

Comme dans un musée

Le dernier épisode sorti l'an dernier, "Assassin's creed: Origins", se déroule dans l'Egypte ancienne. Il bénéficie depuis fin février d'un mode baptisé "Discovery Tour".

Jean Guesdon, le directeur créatif du jeu s'en expliquait il y a quelques jours sur la chaîne Youtube JVH, "Jeux Vidéo et Histoire": "On a enlevé toutes les histoires, on a enlevé tous les combats, mais on a gardé la puissance du médium. Pour rendre l'expérience plus riche, on a rempli le monde de 75 tours, avec audioguide, comme au musée!". Une démarche réalisée avec des historiens spécialistes de cette période.

Ce mode découverte permet de s'affranchir des contraintes du joueur sans cesse confronté aux missions à accomplir, aux combats à remporter lorsqu'il joue normalement. Là, il peut prendre le temps de gravir une pyramide, prendre autant de photos qu'il veut pour immortaliser ses déambulations dans des cités légendaires.

>> A voir, une vidéo de la chaîne Youtube JVH à propos du jeu "Assassin's creed: Origins":

Expérience grandeur nature

Au Québec, Marc-André Ethier a réuni deux groupes d'élèves, peu doués en histoire. Vingt d'entre eux ont reçu un cours magistral, vingt autres ont joué au jeu vidéo. Résultat: ce sont les élèves qui ont eu un vrai cours qui ont ensuite le mieux répondu aux questions. Mais, précise le professeur de didactique de l'histoire, les jeunes gens qui ont joué ont eux aussi considérablement augmenté leur score à l'examen final.

Le jeu ne suffit donc pas pour apprendre l'histoire. En revanche, pour éveiller les élèves, pour piquer leur curiosité, pour contextualiser la matière, pour faire vivre l'antiquité, le jeu vidéo peut être intéressant.

Le professeur et chercheur à l'Université Paris 13 explique sur la chaîne Youtube JVH, "Jeux Vidéo et Histoire", qu'il imagine bien ces explorations vidéoprojetées en classe. Un élève joue, le professeur commente et les autres élèves prennent des notes. Le mode "Discovery" est d'ailleurs jouable dès 12 ans.

Des coquillages ont même été placés sur les tétons et les parties génitales des statues pour assurer une diffusion à l'école.

L'Université de Lausanne intéressée

L'Université de Lausanne se demande aussi si l'industrie du jeu vidéo et la discipline historique pourraient avoir un avenir commun. Ce genre de jeu pédagogique est l'occasion de faire le point sur ce sujet d'actualité.

Chercheurs, enseignants et gamers se réuniront pour "réfléchir et dialoguer avec le public sur les rapports, apparemment si prometteurs, qu'un nombre croissant de jeux vidéo entretiennent avec l'histoire".

Ce cours public intitulé "Rien n'est vrai, tout est permis: l'histoire avec Assassin's Creed Origins" est gratuit, mais les inscriptions sont chaudement recommandées.

Antoine Droux/ld

>> "Rien n'est vrai, tout est permis: l'histoire avec Assassin's Creed Origins", UNIL Anthropole 1031, 18 avril à 19h.

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