Modifié

Hélène Carrère d'Encausse: "Les éditeurs reculent sur la réforme de l'orthographe"

Hélène Carrère d'Encausse: "Les éditeurs reculent sur la réforme de l'orthographe" [RTS]
Hélène Carrère d'Encausse: "Les éditeurs reculent sur la réforme de l'orthographe" / L'actu en vidéo / 1 min. / le 18 avril 2016
Après des mois de polémiques sur la réforme de l'orthographe, "les éditeurs reculent" et la réforme "pourrait être enterrée", selon la secrétaire perpétuelle de l'Académie française, Hélène Carrère d'Encausse.

Le tollé provoqué par la mise en œuvre de la réforme orthographique "a eu de l'effet", a affirmé Hélène Carrère d’Encausse lundi à la RTS. Selon elle, les éditeurs de manuels scolaires ont renoncé à la mention "nouvelle orthographe" qu'ils espéraient voir figurer sur leur éditions à la rentrée prochaine. "Mon sentiment est que cette question est mise au frigidaire et cela va tomber dans l'oubli", souligne-t-elle.

Elle relève l'attachement particulier des Français à l'accent circonflexe: "Ils ont l'impression qu'on leur enlève ce qu'ils sont. C'est une marque d'identité".

>> Lire aussi: La "fin" de l'accent circonflexe dans les manuels scolaires agite la France

"Simplifier la langue"

L'accent circonflexe disparaîtra des "u" et des "i", mais sera conservé quand il indique une différence de sens. Parmi les autres changements figurent la disparition du "i" dans "oignon", "nénuphar" qui devient "nénufar" et la suppression du trait d'union dans plusieurs mots, notamment "weekend" et "millepattes".

Cette réforme a été validée en 1990 par l'Académie française afin de simplifier la langue. Depuis, les deux orthographes étaient tolérées. Changement en novembre dernier, lorsque le ministère de l'Education précise dans son bulletin que "l'enseignement de l'orthographe a pour référence les rectifications publiées (...) en 1990".

Darius Rochebin/mo

Publié Modifié

Réforme en vigueur en Suisse romande

Alors que la réforme n'était jusqu'à présent pas entrée en vigueur en France, la nouvelle orthographe a été acceptée à la fin des années 1990 dans les écoles de Suisse romande. La Délégation à la langue française y avait édité une brochure de révision en 1996, puis en 2002.

Les enseignants ne sont toutefois pas tenus d'imposer la nouvelle orthographe. Ils ne peuvent simplement pas sanctionner ce qui n'est plus considéré comme une faute. Vingt ans après la réforme, les citoyens, parents et élèves sont cependant nombreux à ignorer ces nouvelles règles.