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De "Space Oddity" à "Blackstar", David Bowie en dix albums clés

Deux jours après la sortie de "Blackstar" et de son 69e anniversaire, le chanteur britannique est décédé d'un cancer. Retour sur dix albums clés et des personnages qui ont façonné la "légende Bowie".

Le nouvel album de David Bowie séduit la critique [RTS]
Le nouvel album de David Bowie séduit la critique / 19h30 / 2 min. / le 7 janvier 2016

>> La critique de "Blackstar" à retrouver ici: "Blackstar", le meilleur David Bowie depuis longtemps

Christophe Schenk et Kevin Gertsch

Plus de 40 ans de carrière...

... pour une mosaïque de looks

"Space Oddity" - 1969

Neil Armstrong et la BBC

Le 20 juillet 1969, l'Homme fait ses premiers pas sur la Lune. Ce jour-là, la BBC diffuse "Space Oddity", premier extrait de l'album du même nom.

Elle attendra toutefois la redescente de Neil Armstrong et de ses acolytes sur terre. Une affaire de superstition puisque cette chanson est le récit d'un jeune astronaute, Major Tom, qui se perd dans l'espace. Ou comment raconter l'histoire d'un drogué qui se fait un shoot et qui décolle.

"Space Oddity" constitue le premier succès de David Bowie auprès du grand public, atteignant la cinquième place des charts britanniques.

>> Le clip de Space Oddity:

"Hunky Dory" - 1971

Le début de la transformation

Contribuant largement à l'invention du glam rock et à ses excès vestimentaires, David Bowie se teint le cheveux en rouge et joue de son ambiguïté sexuelle. Il devient un phénomène médiatique avant même de se hisser en haut des charts.

Si les ventes sont encore timides, David Bowie entre peu à peu dans la légende du rock avec deux chefs-d'oeuvre incontournables: "Changes" et "Life on Mars?"

>> Le clip de Life on Mars?:

"The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" - 1972

Le plus célèbre des alter egos

Dans ce concept album à la trame relativement vague, David Bowie y incarne pour la première fois un personnage: Ziggy Stardust, une star androgyne du futur cherchant à transmettre à l'humanité, qui n'a plus que cinq ans à vivre, un message de paix et d'amour.

Ziggy disparaît en 1973. Le 3 juillet, David Bowie le "tue" sur scène à Londres. Il annonce: "C'est non seulement le dernier concert de la tournée mais aussi le dernier concert qu'on fera."

>> La clip de Ziggy Stardust:

"Station to Station" - 1976

Le chaînon manquant entre le rock et la new-wave

"Station to Station" est porté par le dernier personnage que David Bowie incarnera sur scène: le Thin White Duke, dont l'esthétique dépouillée est empruntée à l'expressionnisme allemand.

Un " fin duc blanc" qui n'est pas qu'un alter ego fictif. David Bowie est à l'époque particulièrement maigre et pâle. A la pointe de la toxicomanie, il a d'ailleurs déclaré ne plus souvenir avoir enregistré cet album.

Musicalement, "Station to Station" s'inspire largement de la soul et du funk en y injectant des synthétiseurs au sonorités glacées, sous l'influence de groupes de la scène krautrock allemande, comme Neu! ou Kraftwerk.

>> Le clip de Wild is the Wind:

"Heroes" - 1977

L'apogée des années berlinoises

Fuyant l'ambiance viciée de Los Angeles et de ses substances psychotropes, David Bowie trouve refuge à Berlin en 1976. C'est le début d'une période artistique fertile qui le voit abandonner le costume du Thin White Duke pour celui de l'avant-garde. En trois ans, le Londonien enregistre "Low", "Heroes" et "Lodger" avec Brian Eno, ancien membre de Roxy Music.

"Heroes" est considéré comme l'album le plus représentatif de cette "trilogie berlinoise". Enregistré à Berlin-Ouest, il comporte des chansons en langue allemande ainsi qu'une claire référence au Mur dans les paroles de la chanson du même nom.

>> Le clip de Heroes:

"Scary Monsters (and Super Creeps)" - 1980

Premier succès planétaire

Conjuguant des guitares très agressives à un côté plus dansant, "Scary Monsters" s'affiche rapidement comme un succès colossal.

Le disque atteint la première place des ventes dans pratiquement tous les pays européens, grâce notamment à "Ashes to Ashes", où David Bowie se moque du Major Tom de "Space Oddity", sorti en 1969.

>> Le clip de Ashes to Ashes:

"Let's Dance" - 1983

Les années MTV

"Let's Dance" constitue le lancement d'une nouvelle phase dans la carrière du Londonien. Produit par Nile Rodgers, de Chic, ce disque lui permet de toucher un plus large public. Grâce aux clips de David Mallet (qui avait déjà réalisé celui de "Ashes to Ashes"), largement diffusés sur la chaîne musicale MTV, David Bowie donne un ton aux années 1980.

Les 14 millions d'exemplaires écoulés en 1983 font de "Let's Dance" la deuxième meilleure vente mondiale, derrière l'imparable "Thriller", de Michael Jackson.

>> Le clip de Modern Love:

"1. Outside" - 1995

Le renouveau industriel

Dix-neuvième album studio du Londonien, "1. Outside" marque la réunion de David Bowie et de Brian Eno, après leur collaboration plus que réussie pour la trilogie berlinoise.

Inspiré par la techno et le rock industriel (Nine Inch Nails notamment), David Bowie prend à nouveau des risques après de relatifs échecs commerciaux.

>> Le clip de The Heart's Filthy Lesson:

"The Next Day" - 2013

Le grand retour

Enregistré dans le plus grand secret entre 2010 et 2012, "The Next Day" marque le grand retour de David Bowie. Il s'agit de son premier album studio depuis "Reality", paru dix ans plus tôt.

La pochette de l'album reprend celle de "Heroes". Le titre est biffé d'un trait noir, et un carré blanc portant l'inscription "The Next Day" masque en grande partie l'ancienne pochette. Selon son créateur, le graphiste britannique Jonathan Barnbrook, elle symbolise l'oubli ou l'effacement du passé.

>> Le clip de The Stars (Are Out Tonight):