Modifié le 06 novembre 2014 à 20:01

Plusieurs personnalités défendent Valentin Carron, accusé de plagiat

Valentin Carron et l'une de ses oeuvres à la Biennale de Venise, le 29 mai 2013.
L'avis de Christian Bernard, directeur du Mamco à Genève Forum / 4 min. / le 06 novembre 2014
Contactées jeudi par la RTS, plusieurs personnalités romandes dans le monde de l'art visuel ont dit leur soutien à l'artiste valaisan Valentin Carron, accusé de plagiat pour son oeuvre "The Dawn".

Christian Bernard, directeur du Musée d'art moderne et contemporain de Genève, Pierre Keller, ex-directeur de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne, et, dans une moindre mesure, l'artiste genevois Roger Pfund ont soutenu jeudi Valentin Carron après les accusations de plagiat à son encontre. En cause, une sculpture de l'Italien Francesco Marino di Teana, que l'artiste valaisan aurait copiée (lire: L'artiste valaisan Valentin Carron accusé de plagiat).

"Je suis prêt à le défendre devant la justice"

Pour Christian Bernard, directeur du Musée d'art moderne et contemporain de Genève (Mamco), Valentin Carron a "cité" Francesco Marino di Teana "au même titre que Mozart a repris certains passages musicaux d'autres compositeurs".

"Ce n'est pas du vol, c'est un hommage", appuie le directeur du Mamco qui "déplore que ce malentendu soit porté devant la justice". Et d'ajouter: "Je ne sais pas ce que risque Valentin Carron, mais je suis prêt à le défendre".

Où se situe la limite entre l'appropriation - évoquée par le sculpteur valaisan - et le plagiat? "Une personne qui plagie fait croire qu'une oeuvre est la sienne, or ici il est évident que ce n'est pas le cas."

"Tout est dans le matériau"

De son côté, Pierre Keller, ex-directeur de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL), défend son ancien élève avec ferveur: "Valentin Carron a été influencé par son professeur de l'ECAL John Armleder qui s'approprie également des pièces (...) Reprendre l'oeuvre d'un artiste est une ligne de créativité, c'est une tendance magnifique."

La particularité de la sculpture de Valentin Carron se trouve dans le matériau, selon Pierre Keller: "Il joue sur l'utilisation de la résine pour pervertir l'oeuvre de di Teana. Tout est dans le matériau", explique-t-il.

Selon lui, le fils de Francesco Marino di Teana, qui a prévu de porter plainte contre le Valaisan, n'a aucune chance devant la justice: "Il a perdu d'avance", lâche-t-il.

Enfin, à la question de savoir si tout un chacun peut ainsi reproduire une oeuvre et la justifier par de l'appropriation, Pierre Keller rétorque simplement: "Allez-y si vous croyez que c'est si facile!"

"C'est limite"

Pour sa part, l'artiste genevois Roger Pfund, connu notamment pour ses réalisations dans le domaine des billets de banque, est plus partagé: "Les deux oeuvres sont très proches, c'est limite", admet-il à demi-mot.

Une action devant la justice est toutefois excessive, selon lui: "En 50 ans de carrière, j'ai souvent été copié, mais je m'en fous. C'est une preuve de reconnaissance", ajoute-t-il.

Propos recueillis par Mathieu Henderson

Publié le 06 novembre 2014 à 17:28 - Modifié le 06 novembre 2014 à 20:01