Modifié le 06 février 2013 à 18:22

Un chantier ambitieux lancé pour redonner son lustre à Pompéi

La fréquentation touristique du site pourrait passer de 2,3 millions de touristes annuels à 2,6 millions en 2017 après la fin des travaux prévue le 31 décembre 2015.
La fréquentation touristique du site pourrait passer de 2,3 millions de touristes annuels à 2,6 millions en 2017 après la fin des travaux prévue le 31 décembre 2015. [patrick ferla / rsr - rsr]
Le site archéologique italien de Pompéi doit retrouver son lustre grâce à un ambitieux chantier de 105 millions d'euros lancé mercredi et placé sous haute surveillance pour éviter de répéter les dérives du passé.

Un ambitieux plan de restauration de 105 millions d'euros (129'533 francs), dont 41,8 millions venant de l'Union européenne, a été lancé mercredi à Pompéi pour redonner tout son lustre au célèbre site archéologique, mis à mal par des écroulements à répétitions et des scandales de corruption.

Le "Grand Projet Pompéi", annoncé en octobre 2011, a été lancé en grande pompe en présence des ministres italiens de la Culture Lorenzo Ornaghi et de l'Intérieur Anna Maria Cancellieri, ainsi que du commissaire européen en charge de la politique régionale Johannes Hahn et du président de la région de Naples Stefano Caldoro.

Le "pouvoir d'attraction de l'Europe"

"Il s'agit d'un premier pas. Les travaux ont vraiment commencé, ce n'est pas seulement une annonce de façade", a expliqué Johannes Hahn, qui a lui-même parcouru le site de long en large durant deux heures et a tenu à mettre l'accent sur la "transparence totale" de l'opération.

C'est dans des sites comme Pompéi que réside "le pouvoir d'attraction de l'Europe, aussi devrions-nous miser davantage sur ce tourisme de qualité", a-t-il estimé, appelant à une véritable "volte-face".

Éviter les dérives du passé

Pour éviter les dérives passées (explosion des coûts, malfaçons...) le chantier sera placé sous haute surveillance en raison des craintes d'infiltration de la Camorra, la mafia napolitaine. Un préfet a été nommé sur place et tous les ouvriers seront munis de badge pour pouvoir accéder au chantier.

Ces mesures exceptionnelles et cette prudence sont justifiées par l'annonce mardi de l'assignation à domicile de l'administratrice de la société qui avait effectué de précédents travaux de restauration à Pompéi en faisant exploser les coûts.

L'ancien commissaire extraordinaire du site, Marcello Fiori, fait également l'objet d'une enquête, tout comme des ingénieurs appartenant à l'administration du site. Des accusations de corruption, abus de fonction, fraude et escroquerie aux dépens de l'Etat pèsent sur eux.

afp/jgal

Publié le 06 février 2013 à 15:41 - Modifié le 06 février 2013 à 18:22

Le site se détériore rapidement

La situation est désormais critique pour Pompéi, qui été le théâtre de nombreux incidents comme la chute d'un pilier de la maison de Loreius Tiburtinus en décembre 2011, précédée par de spectaculaires effondrements de pans de murs dans la Maison des Gladiateurs et celle du Moraliste.

Début septembre, c'est une poutre de soutien du toit en tuiles qui avait cédé dans la fameuse Villa des Mystères, et fin novembre, un pan de mur d'environ deux mètres cubes faisant partie d'une villa s'était écroulé.

Située près de Naples, Pompéi, ensevelie sous les cendres par l'éruption du Vésuve le 24 août 79, constitue l'ensemble le mieux conservé d'une ville de l'époque romaine. Elle est classée au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco depuis 1997.

Un site de 44 hectares inscrit à l'Unesco