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Décès à 64 ans de l'humoriste français Jean-Yves Lafesse

Jean-Yves Lafesse en 2015. [LECOEUVRE PHOTOTHEQUE / Collection Christophel - AFP]
Décès à 64 ans de l'humoriste français Jean-Yves Lafesse / Le Journal horaire / 18 sec. / le 23 juillet 2021
L'humoriste Jean-Yves Lafesse, réputé pour ses canulars téléphoniques, est décédé jeudi à Vannes à l'âge de 64 ans, a annoncé vendredi sa famille à l'AFP. Il souffrait de la maladie de Charcot.

Né à Pontivy (Morbihan) en 1957, ce précurseur des gags par caméra cachée et des canulars téléphoniques souffrait de la maladie de Charcot, diagnostiquée il y a un an, a-t-on indiqué de même source.

"Son état s'était brutalement dégradé dans les dernières 24 heures", a précisé un proche de l'humoriste en ajoutant qu'il s'était engagé dans une association réunissant des personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative.

Des débuts à la radio

Jean-Yves Lafesse dans les studios d'Europe 1 en septembre 1986. [Europe1/AFP]Jean-Yves Lafesse dans les studios d'Europe 1 en septembre 1986. [Europe1/AFP]"J'étais punk en Angleterre en 76, au tout début (...) Je chantais dans un groupe de copains, on allait aux terrasses des cafés, et on improvisait en fait. J'improvisais les paroles sur ce que je voyais. Ce qui nous a valu quelques fuites précipitées", confiait-il à L'Express en 2009.

Il suit les cours d'une école de cinéma à Paris à partir de 1978. Mais il est refroidi par la dureté de ce milieu et il préfère le grand bazar des radios libres de 1981: Carbone 14 d'abord, puis Radio Nova, un vivier improbable de talents.

Pour lui, les années 80 sont la grande époque du canular téléphonique et du sketch radiophonique de faux reporter de "Radio Carotte".

Revenant sur les souvenirs de cette époque au micro de Radio Nova en 2012, il se définit comme "un conteur", prêt à endosser n'importe quel personnage et à en improviser toutes les outrances. Notamment celui de Germaine Ledoux, vieille dame en roue libre. Europe 1 le recrutera en 1985.

Repousser les limites de l'humour

Il exercera ses talents d'improvisation dans de très nombreux médias, y compris en Suisse. Dans les années 90, il était l'un des trublions de "Nulle part ailleurs", émission culte qui repoussait toujours plus loin les limites de l'humour.

"Excusez-moi, je suis non-voyant. Vous savez où je peux trouver de la drogue?", demande-t-il, pour une caméra cachée, à... des policiers.

Entre scatologie, allusions sexuelles à peine voilées et moqueries grossières de personnes qui ne lui avaient rien demandé, certaines de ses séquences pouvaient mettre le téléspectateur mal à l'aise. Il ne s'en souciait pas, tant qu'il y en avait d'autres pour s'esclaffer. Et venir en plateau faire étalage de sa répartie, très peu pour lui: il préférait les tournages dans les rues piétonnes des villes moyennes.

>> A voir, une compilation de caméras cachées de Jean-Yves Lafesse

Il aimait y flirter avec la vulgarité, comme le laisse penser son nom de scène, "trouvé un soir de bringue" comme il le disait à Libération en 2000. Journal auquel il confiait avoir été renvoyé du collège en mai 1968 pour avoir crié "Mort à de Gaulle!".

"Il était très cultivé, avec une répartie incroyable (...) Avec Desproges aussi, il fait partie des gens qui m'ont donné envie de faire ce métier", a dit à l'AFP Raphaël Mezrahi, un autre ancien de Canal+.

Parallèlement à la télévision et à ses spectacles, il prête ses talents de comédien à plusieurs réalisateurs, comme à Pascal Chaumeil, dans "L'Arnacoeur" (2010), ou à Mélanie Auffret dans "Roxane", sorti en 2019.

"Déconneur professionnel"

Le confinement semblait avoir encore renforcé sa popularité. Interrogé en mai 2020 par France 3 Bretagne, il déclarait: "J'ai joué mon rôle (depuis le début du confinement). Celui de déconneur professionnel. J'ai mis régulièrement en ligne des petites vidéos humoristiques sur  ma page Facebook. Je suis passé de 180'000 à 300'000 abonnés durant le confinement. La preuve que le rire reste indispensable en toutes circonstances".

Jean-Yves Lafesse, de son vrai nom Jean-Yves Lambert, était revenu vivre en Bretagne, à Vannes, il y a deux ans. "J'ai passé 43 ans à Paris mais la Bretagne me manquait. Ma relation avec la région est naturelle et très forte", avait-il dit.

afp/vkiss/aq

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