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En Suisse, le domaine culturel représente une entreprise sur dix

Le secteur de la culture pèse 15 milliards: interview d'Olivier Moeschler [RTS]
Le secteur de la culture pèse 15 milliards: interview d'Olivier Moeschler / Forum (vidéo) / 5 min. / le 13 octobre 2020
En 2018, 312'000 travailleurs culturels étaient actifs en Suisse, soit 6,3% de toutes les personnes actives. La valeur ajoutée de l'économie culturelle se montait à 15,2 milliards de francs et une entreprise sur dix est culturelle, selon l'Office fédéral de la statistique.

Les 63'639 entreprises de l'économie culturelle représentaient 2,1% du PIB suisse en 2018, a indiqué l'Office fédéral de la statistique (OFS) mardi dans un communiqué. La valeur ajoutée de l'économie culturelle se montait à 15,2 milliards de francs. Cette valeur ajoutée était moins élevée en 2018 qu'en 2011; le recul est de 1,3% par an en moyenne.

En 2018, le domaine culturel représentait environ 10,5% des entreprises et 9,6% des établissements (succursales et sites de production) de l'économie totale, selon l'OFS. Les domaines les plus importants étaient les arts visuels (30% des entreprises culturelles), l'architecture (21%) et les arts scéniques (16%).

Part de travailleurs culturels indépendants

D'après la statistique, la part du secteur culturel était beaucoup moins forte en termes d'emplois (4,5% de l'économie totale), avec 161'433 équivalents plein temps. Cela s'explique par le fait que les entreprises culturelles comptaient individuellement moins d'emplois; un peu moins de deux tiers d'entre elles étaient des raisons individuelles en 2018.

En 2019, 28% des travailleurs culturels étaient des indépendants, contre 13% dans l'économie totale, lit-on dans le communiqué. Par ailleurs, 56% d'entre eux avaient un diplôme du degré tertiaire, contre 42% dans l'ensemble de la population active.

Part importante de femmes

La part de femmes dans la culture (51%) était plus importante que dans l'économie totale (47%) en 2019. Toutefois, elles exerçaient moins de fonctions de direction ou de cadre (24% des femmes contre 36% des hommes).

En outre, le salaire brut médian était de 7356 francs par mois pour les hommes (6857 dans l'économie totale) et de 6088 francs par mois pour les femmes (6067 dans l'économie totale). Les différences de qualifications, d'expérience ou de fonctions n'ont pas été prises en compte.

L'enquête porte sur les années allant jusqu'à 2019. Elle montre ainsi l'évolution de l'économie culturelle jusqu'à la crise du coronavirus. Les entreprises prises en compte n'étaient pas seulement issues des domaines traditionnels de la culture, comme les musées ou les arts visuels, mais aussi d'autres secteurs tels que l'architecture ou la publicité.

ats/olhor

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Olivier Moeschler: "La culture se rapproche du tourisme" en Suisse

Si l'économie culturelle représentait 2,1% du PIB suisse en 2018, c'est moins que ce que montraient les enquêtes cantonales, notamment à Genève il y a trois ans où cette part était de 9,5%.

Selon Olivier Moeschler, qui a copiloté avec Jürg Furrer l'étude de l'Office fédéral de la statistique, "c'est parce que la statistique genevoise prenait aussi en compte le poids du secteur public. Et que Genève figure parmi les cantons qui dépensent le plus pour la culture. Comparativement aux autres secteurs, la culture se rapproche du tourisme, qui représente 2,7% sur le plan fédéral".

Quels autres enseignement peut-on tirer de cette statistique? "Les travailleurs et travailleuses culturels sont mieux formés que dans le reste de l'économie et les hommes sont mieux payés. Alors que les femmes y sont plus présentes. Les inégalités dans ce secteur sont même plus fortes qu'ailleurs, avec 17% d'écart salarial. Enfin, en termes de comparaison internationale, la Suisse se trouve en haut du tableau avec 6,3% de personnes actives dans la culture".

Propos recueillis par Sylvie Lambelet