Modifié le 28 juin 2010 à 13:50

Alerte à Pompéi: le site en décrépitude

Le site archéologique de Pompéi est unique au monde.
Le site archéologique de Pompéi est unique au monde. [Keystone]
Abandon, graffitis, pillages, chiens errants. Le gouvernement italien vient de décréter l'état d'urgence dans les ruines de Pompéi. Cent cinquante mètres carrés de parois et de fresques se désagrègent chaque année.

Devant la gravité de la situation, le gouvernement italien a
proclamé l'état d'urgence pour le site archéologique, une procédure
utilisée généralement pour les catastrophes naturelles, révèle un
article du


samedi.

Les causes sont nombreuses

Patrimoine de l'humanité classé par l'Unesco, les ruines de la
ville antique engloutie par une éruption du Vésuve en l'an 79 sont
aujourd'hui menacées. Selon les experts, 150 mètres carrés de
parois et de fresques se désagrègent chaque année. Trois mille
pierres retournent à l'état de poussière.





L'incurie, le manque de manutention et la désorganisation
chronique sont notamment en cause. Depuis quelques années, Pompéi
est redevenue, malgré ses deux millions et demi de visiteurs
annuels, une sorte de contre-modèle touristique.





Dans la cité antique, seules 20% des villas sont ouvertes au
public. Nombre d'autres sont closes, sauf pour les voleurs qui
continuent de piller le site qui couvre aujourd'hui 44
hectares.

Les fonds ne manquent pas

Un tiers de la ville n'aurait en outre pas encore été fouillé.
Il est difficile qu'il le soit prochainement. Quant aux
restaurations, elles sont très souvent inachevées.





Ce ne sont pourtant pas les fonds qui manquent. Les caisses du
site archéologique de Pompéi disposeraient de 70 millions d'euros
de réserves, en attente d'être dépensées. Mais la bureaucratie
retarde toutes les initiatives et bloque certains travaux, même les
plus essentiels. Pour un personnel d'environ 250 personnes, il
existe notamment sept syndicats.





Résultat: il n'y a pratiquement plus de panneaux indicatifs, les
toilettes sont introuvables, les amphithéâtres sont inutilisables.
Des chiens errants se promènent dans les allées. Pour faire face à
la crise, un commissaire extraordinaire a été nommé (voir
ci-contre).






cer

Publié le 02 août 2008 à 22:41 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:50

Des mesures énergiques sont prises

«C'est vrai qu'entretenir Pompéi est un grand défi», expliquait récemment le professeur d'économie des entreprises à l'Université de Bologne et spécialiste des biens culturels Luca Zan.

«Nous parlons d'un site qui a plus de 2500 ans, qui abrite 1400 maisons, vingt mille mètres carrés de fresques et trois mille de mosaïques. Mais la véritable maladie déjà diagnostiquée dans les années 90 s'appelle organisation.»

Pour sauver ce qu'il reste à sauver, un commissaire extraordinaire a été nommé. Il recevra l'apport des forces de l'ordre pour lutter contre l'emprise de la délinquance locale et devra remettre à plat toute l'organisation du site.

Il bénéficiera d'une carte blanche pour prendre des décisions sans devoir passer par la bureaucratie. Il devrait notamment faire appel à des sujets privés pour moderniser Pompéi.

Bref historique de Pompéi

Pompéi est une ville italienne de Campanie célèbre pour avoir été détruite par le Vésuve, le 24 août 79. Ce site antique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, avec Herculanum et Torre Annunziata.

Située près de Naples au pied du Vésuve, la ville fut fondée au VIe siècle av. J.-C. et entièrement ensevelie le 24 août 79 avec Herculanum, Oplontis et Stabies, lors d'une éruption du volcan. L'éruption créa une gaine protectrice sur le site et provoqua l'oubli de la ville pendant 1600 ans.

Redécouverte par hasard au XVIIe siècle, la ville fut ainsi retrouvée dans un état de conservation inespéré: les fouilles exécutées au XVIIIe siècle permirent d'exhumer une cité florissante, précieux témoignage de l'urbanisme de l'Empire romain.

Source: wikipédia.