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Les milieux culturels remontés après les annonces du Conseil fédéral

Les milieux culturels et du divertissement déçus par les mesures sanitaires communiquées par Berne. [RTS]
Les milieux culturels et du divertissement déçus par les mesures sanitaires communiquées par Berne. / 19h30 / 1 min. / le 2 septembre 2020
Spectateurs assis, masques souvent obligatoires, récolte de données et flux clairement dirigés: le Conseil fédéral a fixé mercredi les critères pour les manifestations de plus de 1'000 personnes. Les milieux culturels restent inquiets pour leur avenir.

Les manifestations culturelles de plus de 1'000 personnes seront autorisées à partir du 1er octobre 2020, mais les conditions sanitaires sont strictes et le public devra obligatoirement être assis.

Le gouvernement a consulté les cantons et les associations concernées avant de préciser les conditions pour la tenue des grands rassemblements dans le contexte du coronavirus. Les organisateurs devront suivre ces exigences et élaborer un concept de protection strict. Les autorisations relèveront des cantons.

Pour les organisateurs culturels, qui ont déjà repoussé la plupart de leurs spectacles à la fin de l'année ou à 2021, cette nouvelle autorisation n'en est ainsi pas vraiment une.

"On ne sait pas comment on va faire"

"On a senti la gêne d'Alain Berset dans son discours et on la partage car on ne voit pas très bien comment on va faire", a déploré jeudi dans la Matinale de la RTS Vincent Sager, directeur d'Opus One, qui organise de nombreux événements culturels en Suisse romande.

"On a le sentiment que ça ne sera pas possible dans les prochains mois d'organiser des grandes manifestations, parce que les conditions cadres et les risques qu'on souhaite nous imposer nous empêchent simplement de travailler", indique-t-il.

"Si on met aujourd'hui en vente un spectacle qui se passe à l'Arena de Genève au mois de décembre avec 6'000 personnes, qu'on vend ces billets, et que par malheur le canton de Genève nous indique que ça ne sera pas possible de faire ce spectacle avec plus de 3'000 personnes, que fait-on des 3'000 billets déjà vendus? On ne sait pas comment rembourser les gens? On met en péril l'économie de ce spectacle", assure Vincent Sager.

"Il faut beaucoup d'anticipation pour monter des tournées, des concerts et des spectacles, entre 6 et 18 mois. La situation actuelle nous empêche d'imaginer en lancer de nouveaux", regrette-t-il.

A ce niveau d'incertitudes, la plupart des gros spectacles se voient différés. Soldout Productions, qui organise notamment The Beat Festival, événement dédié au hip-hop à Genève et Neuchâtel, a ainsi annoncé jeudi le report de la tournée de l'humoriste français Gad Elmaleh qui devait passer par l'Arena de Genève le 15 décembre 2020 au 4 juin 2021.

"Un risque insensé"

Jeudi après-midi, les trois principaux organisateurs de grands concerts en Suisse romande que sont Opus One, Live Music Production et Soldout Production ainsi que les festivals majeurs que sont Montreux Jazz, Paléo, Sion sous les étoiles ou Festi'Neuch ont d'ailleurs publié un communiqué de presse commun pour signifier leur mécontentement.

Ils indiquent qu'ils ne voyaient "pas de solutions dans les mesures annoncées hier par le Conseil fédéral". Ils indiquent pourquoi ils n'organiseront "probablement aucun spectacle ni grand concert dès le 1er octobre".

Selon eux, "les critères fixés par les autorités pour ces grandes manifestations seront très difficilement applicables dans un contexte économique déjà précaire. Le risque pour l’organisateur, mais également sa responsabilité sont désormais trop importants". Ils pointent un "risque insensé", notamment en l'absence d'indemnisation si une autorisation est retirée ou révisée par un canton.

olhor

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A Genève, la fermeture prolongée des discothèques suscite la grogne

Les discothèques genevoises ne pourront par rouvrir avant le 16 novembre 2020. Mercredi, le Conseil d'Etat genevois a annoncé la prolongation de la fermeture de ces établissements, considérés comme des hauts lieux de propagation du Covid-19.

Le conseiller d'Etat s'est dit conscient des difficultés économiques dans lesquelles sont plongées les boîtes de nuit depuis la crise du Covid-19. Des discussions sont en cours pour limiter la casse. Une solution serait par exemple d'offrir la possibilité aux discothèques de se transformer en bar et d'avoir ainsi une activité.

Pour les milieux nocturnes, c’est un nouveau coup dur. Trente établissements ont ainsi signé une lettre publique pour "lancer un cri d’alerte et dénoncer le manque de transparence et de concertation de la part des autorités cantonales dans leurs prises de décisions concernant la scène nocturne genevoise. […] Depuis le 31 juillet, nos établissements sont à nouveau fermés et nous n’avons toujours pas l’assurance d’obtenir, un jour, des aides financières concrètes".

Pour atténuer les effets économiques de la fermeture, le gouvernement genevois autorise désormais les exploitants à fonctionner comme un bar ou à louer leurs salles pour "des événements à caractère exclusivement privé tels que des mariages ou des fêtes d’anniversaire". Ce qui n'arrange en rien le milieu de la nuit.