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Des mesures antiracistes demandées dans des lieux culturels en Suisse

Des étudiants ont demandé à l'Ecole cantonale d'art (ECAL) de prendre des mesures contre la discrimination raciale. [Gaetan Bally - KEYSTONE]
Des mesures antiracistes demandées dans des lieux culturels en Suisse / La Matinale / 1 min. / le 3 juillet 2020
L'affaire George Floyd a des répercussions dans le monde culturel suisse. Il y a deux semaines, un collectif d'artistes noirs de Suisse a envoyé une lettre à une cinquantaine de lieux culturels pour réclamer des mesures antiracistes. Une démarche similaire est lancée à l'ECAL à Lausanne.

Des étudiants de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL) ont envoyé une lettre ouverte à leur direction et leurs enseignants pour demander des mesures contre les discriminations raciales.

Ce collectif, auquel la RTS a pu parler, tient à rester anonyme. Il a publié sa lettre ouverte sur le réseau Instagram et demande à l'ECAL différentes mesures structurelles, comme la transparence sur les sponsors - certains génèrent-ils des fonds provenant d’exploitation coloniale? Mais aussi des mesures incitatives, comme l'invitation d'artistes noirs ou la création de formations obligatoires contre le racisme.

Plus facile d'être homme et blanc

Chercheuse à l'Ecole d'art de Zurich, Sophie Vögele a participé à une étude qui montre qu'en Suisse, les admissions dans les écoles d'art, ainsi que tout le cursus, sont discriminants. Elle soutient la démarche des étudiants de l'ECAL. "Plein de statistiques et de recherches montrent qu'il est beaucoup plus facile d'être un artiste masculin et un artiste blanc dans le monde", a-t-elle souligné vendredi dans La Matinale.

Les écoles font partie de ce champ-là, poursuit-elle. "Dans la lettre, on parle de 'démanteler les structures du pouvoir blanc'. C'est cela qu'il faut adresser. Comprendre ce qui règne sur notre pensée, ou comment les structures sont imprégnées par une certaine manière de penser, qui est justement très blanche".

Discrimination contestée

Du côté de l'ECAL, on conteste toute pratique discriminatoire. La direction, qui n'a pas souhaité s'exprimer publiquement, regrette le ton vindicatif des étudiants. Elle préfère ouvrir un dialogue constructif et recevra les auteurs de la lettre ouverte vendredi.

Sujet radio: Sylvie Lambelet

Adaptation web: Jean-Philippe Rutz

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