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Mardi, internet s'est paré de noir pour le #BlackOutTuesday

Le #blackouttuesday a envahi la toile. [RTS]
Le #blackouttuesday a envahi la toile. [RTS]
Hier, des milliers d'images noires ont été postées sur les réseaux sociaux, accompagnés du hashtag #BlackOutTuesday. Des personnalités, des artistes et des anonymes dénoncent ainsi les violences policières et raciales dont sont victimes les Afro-Américains.

Mardi, des milliers d'images entièrement noires ont été postées sur les réseaux sociaux. Cette action intervient une semaine après la mort aux Etats-Unis de George Floyd, cet homme noir asphyxié par un policier blanc lors de son arrestation. L'appel a été lancé aux Etats-Unis, avec comme consigne aux internautes: publier un monochrome noir en signe de protestation.

>> A lire, l'article de RTSInfo: George Floyd réveille la mémoire des violences policières dans le monde

Parmi les personnalités qui ont pris part au mouvement: la chanteuse Rihanna, ou encore l'actrice française Marion Cotillard, mais aussi l'artiste Banksy. En Suisse aussi, le monde de la culture a suivi le mouvement: le Festival Images à Vevey a posté un carré noir, tout comme la Kunsthalle de Zurich ou encore le Mamco, le musée d'art moderne de Genève.

De notre côté, la décision de participer à ce #BlackOutTuesday était plutôt liée à l'expression d'une forme de solidarité.

Lionel Bovier, directeur du Mamco

Mais pour le directeur du Mamco, Lionel Bovier, participer au #BlackOutTuesday est aussi une manière de montrer "qu'on est solidaire d'une manière de repenser cette société dans laquelle on vit. Ça vaut la peine aussi de prendre le temps de regarder comment on peut, au sein de notre travail quotidien dans un musée, et notamment par rapport à nos collections, penser cette question sur un temps plus long, un temps qui est celui du musée et non pas celui des réseaux sociaux."

>> A écouter, l'interview de Lionel Bovier:

Lionel Bovier, directeur du MAMCO. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]Salvatore Di Nolfi - Keystone
Lionel Bovier, directeur du Mamco à propos du #blackouthuesday / Le Journal de 22h30 / 1 min. / le 2 juin 2020

L'industrie musicale en pause

Avant le #BlackOutTuesday, était apparu sur internet le hashtag #TheShowMustBePaused (littéralement, "le spectacle doit s'interrompre"), explique le journal L'Obs dans un article paru le 2 juin.

Initié par "deux femmes noires du monde de la musique", Jamila Thomas d'Atlantic Records et Brianna Agyemang de Platoon, ce premier appel a été largement entendu et suivi. "L'industrie de la musique est une industrie de plusieurs milliards de dollars. […] Une industrie qui a profité principalement de l'art noir. Notre mission est de tenir responsable l'industrie dans son ensemble, y compris les grandes sociétés et leurs partenaires qui bénéficient des efforts, des luttes et des succès des Noirs", expliquent-elles dans un message relayé sur Twitter et Instagram.

Mardi, de nombreux producteurs musicaux ont interrompu leurs programmes. Par ailleurs, plusieurs plateformes de streaming musical ont soutenu le mouvement en diffusant des messages à leurs abonnés, ou dans le cas de Spotify, en ajoutant un silence de 8 min et 46 secondes dans ses playlists, représentant la durée exacte pendant laquelle le policier a maintenu son genou sur le cou de George Floyd provoquant sa mort.

En Suisse, le rappeur Bernois Grégoire Vuilleumier, connu sous le nom de Greis, a lui aussi voulu témoigner sa solidarité et son indignation en postant un carré noir sur ses réseaux. "En tant qu'artiste, je ne considère pas vraiment que c'est mon rôle, mais en tant que citoyen, oui, c'est clair. [...] C'est le rôle de chacun de prendre position contre cette forme de discrimination et de racisme", explique-t-il à la RTS.

>> A écouter, l'interview de Greis:

Le rappeur Greis. [Janosch Abel - facebook.com/greispvp]Janosch Abel - facebook.com/greispvp
Le rappeur Greis interrogé à propos du #blackouthuesday / La Matinale / 1 min. / le 3 juin 2020

Propos recueillis par Katia Bitsch

Adaptation web: Lara Donnet

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