Modifié le 28 juin 2010 à 13:55

Sorties CD: Lunik se laisse aller à la mélancolie

Lunik revient avec un sixième album qui peine à convaincre.
Lunik revient avec un sixième album qui peine à convaincre. [DR]
Les Bernois de Lunik sortent leur sixième album, "Small lights in the dark", marqué par le sceau d'une mélancolie un peu molle. Triste aussi mais ensorcelant, le dernier-né de l'Anglaise Corinne Bailey Rae, qui sublime le décès de son mari en une soul qui donne des frissons.

Rarissimes sont les groupes suisses qui percent, mais celui-ci
fait exception. Les quatre Bernois de Lunik sortent leur sixième
album, intitulé "Small lights in the dark".

Lunik, à réserver aux coeurs brisés

Lunik se laisse aller à une mélancolie
molle.
Lunik se laisse aller à une mélancolie molle. [DR]
Oubliés, les accents trip-hop des débuts.
Place est faite aujourd'hui à une pop très mélancolique, comme le
laisse entendre le nom du disque. Les ballades romantiques
s'enchaînent, portées par la voix arachnéenne de Jaël Krebs et par
des arrangements ultra-léchés.





Ce n'est pas ici qu'il faut chercher des prises de risque. "Small
lights in the dark" ravira les coeurs chagrinés. Les autres n'ont
qu'à passer leur chemin.

Quelques réussites pourtant

Le titre "Born to be sad" (né pour être triste) en dit long sur
l'esprit de Lunik. Et le titre phare,

, est tout à fait dans la veine de
l'album.





Pour autant, l'album recèle quelques réussites. C'est le cas de
"Falling up", plus enjouée, et de "Diary", plus aboutie que les
autres. Ici, Lunik parvient à nous faire entrer dans son univers,
toujours mélancolique mais bien plus intéressant et plus recherché.
La preuve, la voix de Jaël Krebs donne le meilleur d'elle-même sur
ces deux chansons.





Et si le coeur vous en dit, sachez que Lunik est en tournée à
partir du mois de mars en Suisse, avec une date prévue le 13 aux
Docks à Lausanne.

Bailey Rae sublime sa peine en soul

Corinne Bailey Rae confirme tout le bien qu'on pensait
d'elle.
Corinne Bailey Rae confirme tout le bien qu'on pensait d'elle. [DR]
Corinne Bailey Rae, c'était la
révélation soul 2006. On s'est tous trémoussé sur son célèbre
. L'Anglaise
à la voix de velours est de retour avec "The sea", un album marqué
par le sceau de la perte et du deuil. Et tout à fait sublime!





L'artiste avait explosé avec son disque éponyme, pluie de
récompenses à l'appui. Mais la mort de son mari, décédé d'une
overdose début 2008, a tout remis en cause. Corinne Bailey Rae a eu
besoin de temps pour créer à nouveau.





Résultat, une oeuvre ensorcelante qui oscille entre mélancolie et
titres plus jazzy, tous inventifs et profonds.

Entre mélancolie et rythmes plus funky

Le disque de Corinne Bailey Rae a deux grandes forces: des
arrangements d'une grande finesse et tout en mesure, soutenus par
la voix et l'âme que la chanteuse apporte à ses
interprétations.





Chaque titre a sa propre rythmique et sa propre énergie. Il y les
chansons plus funky (

, ,
) et celles qui
laissent place à la mélancolie ( , ).





On pourra toutefois regretter le choix du single, , qui n'est
pas la plus grande réussite de l'album. Mais rien qui pourrait
entacher le plaisir de l'écoute.

Karimouche, la fille qui slame

Une pêche d'enfer pour la jeune Lyonnaise de
Karimouche.
Une pêche d'enfer pour la jeune Lyonnaise de Karimouche. [DR]
Voici un ovni. Une fille qui slame.
Elle s'appelle Karimouche et son premier album, "Emballage
d'origine", ne ressemble à rien de connu.





Après avoir écumé les scènes de France, la jeune Lyonnaise a posé
ses valises pour fomenter un disque. Entre slam, rap et chanson
française, il accrochera l'oreille... ou la rebutera. Cinq minutes
d'écoute suffiront à décider.





De à "Parasites" en
passant par , les thèmes sont
graves, actuels et quotidiens. C'est l'énergie de l'artiste qui
leur donne vie. Mention spéciale à "Je parle trop": c'est vrai,
elle parle trop, Karimouche, mais on lui pardonne.





Cécile Rais

Publié le 20 mars 2010 à 08:01 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:55

Les autres albums attendus

Sophie Zelmani, "I Am The Rain" (19 février)

Two Door Cinema Club, "Tourist History" (19 février)

Tété, "Le premier clair de l'aube" (22 février)

Jacques Higelin, "Coup de foudre" (22 février)

Broken Bells avec Brian Burton de Gnarles Barkley (26 février

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Françoise Hardy, "La pluie sans parapluie" (29 mars)

MGMT, "Congratulations" (avril)

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Arcade Fire, nouvel album en mai

L'info musicale de la semaine

La compagnie EMI cherche à vendre les mythiques studios d'Abbey Road, à Londres, où les Beatles avaient enregistré certaines de leurs chansons les plus connues.

Des discussions ont lieu depuis plusieurs mois mais aucun acquéreur n'a encore été trouvé. Un porte-parole d'EMI a refusé de commenter les informations sur cette possible vente, qui pourrait rapporter des dizaines de millions de dollars à la maison de disques.

EMI, qui compte parmi ses artistes le groupe Coldplay, Lily Allen et Robbie Williams, est en grande difficulté financière depuis son rachat en 2007 par la firme d'investissement Terra Firma Capital Partners. Plusieurs grands noms, dont Radiohead et les Rolling Stones, ont quitté le label à la suite des restrictions budgétaires et restructurations qui ont suivi la reprise.

Depuis les années 60, les studios d'Abbey Road font partie des plus célèbres dans le monde du rock. C'est là que Pink Floyd a enregistré "Dark Side of the Moon", les Wings "Band on the Run" et Radiohead "OK Computer".

Mais Abbey Road reste surtout indissociable des Beatles, qui y ont enregistré la plupart de leurs titres à partir de 1962. Le passage piéton en face des studios avait été immortalisé sur la pochette d'"Abbey Road", dernier album studio enregistré par les Fab Four en 1969. Paul McCartney réside encore non loin.