Modifié le 25 août 2019 à 10:14

En fête cette année, le romanche est-il condamné à disparaître?

Le romanche est défendu par la Lia Rumantscha qui fête ses 100 ans.
Le romanche est défendu par la Lia Rumantscha qui fête ses 100 ans. 12h45 / 2 min. / le 19 août 2019
Alors que la Lia Rumantscha fête ses 100 ans cette année, la quatrième langue nationale voit ses locuteurs s'éparpiller à travers la Suisse, fragilisant le tissu le social qui permet son utilisation quotidienne.

Association de défense du romanche et faîtière des associations romanches, la Lia Rumantscha organise deux semaines de fête dans les Grisons pour ses 100 ans.

Aujourd'hui, notre quatrième langue nationale – qui se décline en 5 dialectes – se porte moyennement bien.

Une langue qui vivote

En voie d'extinction, le rhéto-romanche n'est parlé que par un demi pourcent de la population en Suisse. Il est pourtant encore bien vivant, avec quelques 60'000 locuteurs. Leur nombre est stable, mais ils s'éparpillent toujours plus géographiquement: si 35'000 d'entre eux vivent dans les Grisons, 25'000 se sont exilés.

Paradoxalement, cette diffusion du romanche constitue une menace. Logique selon Matthias Grünert, professeur de rhéto-romanche à l'Université de Fribourg:

Comme les locuteurs sont loin les uns des autres, ils utilisent cette langue de manière marginale. Ils ont trop peu de partenaires de conversation qui parlent le romanche dans leur entourage et l’allemand domine leur quotidien.

Matthias Grünert

Des revendications fortes pour sauver le romanche

C'est pourquoi la Lia Rumantscha demande un encouragement du romanche non seulement dans les Grisons, mais aussi dans l'ensemble du pays. "Par exemple avec l'offre de crèches ou de cours de romanche pour les enfants. Ces cours seraient comparables à ceux qu'on offre aux enfants d'origine étrangère.", explique Matthias Grünert. "Dans le cas du romanche, c'est la Confédération qui doit en être responsable. Ces revendications servent surtout au soutien aux personnes et familles qui vivent loin des Grisons."

Faire vivre la langue à travers la culture

La survie du romanche passe aussi par ses ambassadeurs comme le musicien Mattiu Defuns, illustration d'une scène culturelle vivace. La défense de la langue se déroule aussi dans les universités, avec des professeurs comme Matthias Grünert: "Il y a encore quelques générations qui vont grandir en romanche. Au moins."

Le romanche est-il menacé? Peut-être. Mais aujourd'hui, c'est encore la langue du cœur de milliers de Suisses.

>>A regarder: Mattiu Defuns - Amitg

 

Rouven Gueissaz/ms

Publié le 25 août 2019 à 08:00 - Modifié le 25 août 2019 à 10:14