Modifié le 28 juin 2010 à 13:43

"Vigousse", la nouvelle revue satirique romande

Laurent Flutsch et Barrigue sont venus présenter leur bébé au 19:30 de la TSR.
Laurent Flutsch et Barrigue sont venus présenter leur bébé au 19:30 de la TSR. [DR]
Barrigue, ancien dessinateur du Matin, lance ce vendredi sa revue satirique, "Vigousse". Elle paraîtra tous les vendredis, d'abord sur le site www.vigousse.ch, puis en version papier dès le 4 décembre. Le numéro sera vendu 3 francs en kiosque.

Après avoir dessiné pour de nombreuses publications en Suisse -
principalement "Le Matin" - et en France, Barrigue, de son vrai nom
Thierry de Barrigue de Montvallon,

. Elle proposera chaque semaine chroniques
et dessins satiriques.





Le dessinateur s'est entouré de beau monde pour cette aventure :
les humoristes Laurent Flutsch, et Patrick Nordmann, membre de la
rédaction, participeront à chaque édition tandis que les satiristes
Thierry Meury, Frédéric Recrosio ou encore Mix & Remix -
dessinateur pour et l'Hebdo notamment -
contribueront occasionnellement à "Vigousse".





Le premier numéro, qui devrait bénéficier d'une vaste campagne de
presse, sera imprimé à 100'000 exemplaires. Pour les suivants, le
tirage se situera "entre 10'000 et 15'000, selon le succès de la
campagne d'abonnements", estime Barrigue. Ces abonnements seront
proposés pour 140 francs par année.

Un terrain miné

Maquette non-définitive de la Une de
"Vigousse"
Maquette non-définitive de la Une de "Vigousse" [DR]
Barrigue n'est pas le premier
dessinateur à s'aventurer sur le terrain difficile des revues
satiriques. En 2006, Mix & Remix lance "1er degré - Le journal
des gens aisés". L'aventure papier s'arrête après deux numéros,
seul le site perdure.





Cette même année 2006, "Saturne", lancé et dirigé pendant deux ans
et demi par Ariane Dayer, actuelle rédactrice en chef du Matin, met
la clé sous la porte. La publication s'éteint après 41 numéros
bimensuels puis 22 hebdomadaires. Elle avait malgré tout trouvé un
certain public, la formule hebdomadaire comptant plusieurs milliers
d'abonnés et tirant à 10'000 exemplaires. C'est le manque
d'annonces publicitaires qui lui aura été fatal.





"La Distinction", revue lausannoise, tient le coup depuis 1987.
Publiée environ six fois par an depuis sa création, elle n'est pas
un pur produit satirique puisqu'elle contient aussi, notamment, des
critiques artistiques et littéraires. C'est aussi à sa rédaction
que l'on doit le désormais célèbre " ", attribué à une personnalité auteur
d'un propos particulièrement alambiqué et involontairement
burlesque. La rédaction poursuit son oeuvre à longueur d'année sur
son site Internet.

Une tradition bien ancrée

La revue satirique est pourtant une vieille tradition suisse.
Outre les innombrables avatars carnavalesques, une publication
régulière perdure depuis 133 ans : "

". La deuxième Guerre Mondiale a
fait sa renommée, grâce à la dénonciation du nazisme et de ses
sympathisants en Suisse.





Sa notoriété va croissante et son tirage atteindra 65'000
exemplaires dans les années 70, avant de s'effriter puis de
s'effondrer dans les années 90. Vendues à deux reprises, elle
subsiste depuis et tire à 20'000 exemplaires. Il s'agirait de la
plus ancienne publication satirique au monde encore vivante.





Tybalt Félix

Publié le 30 avril 2010 à 12:39 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:43

Questions à Barrigue

Le contexte économique ne semble pas idéal pour lancer une revue satirique...

On me dit ça depuis le début. Mais je crois aussi qu'il n'y a pas de meilleur moment. Les gens en ont besoin et y ont droit, il n'est pas normal qu'il n'existe aucune publication satirique en Suisse romande comme le "Canard enchaîné" ou "Charlie Hebdo" en France. Nous voulons apporter ce regard différent, critique et satirique, je serai intransigeant là-dessus.

Même si elle comptait plusieurs milliers de lecteurs, la revue "Saturne" a péri, faute de rentrée publicitaire. Comme cela s'annonce-t-il pour "Vigousse"?

Nous voulons nous appuyer sur les lecteurs à qui nous comptons apporter du plaisir. Pour les autres rentrées, nous avons trouvé des groupes importants qui se sont engagés à acheter des espaces publicitaires durant les premiers temps de la publication. Mais, le noyau, c'est vraiment les abonnés.

Comment cohabiteront les versions électronique et papier?

Nous savons très bien que si nous publions sur le web l'intégralité de la revue, celle-ci est morte. Sur le site, des collaborateurs très talentueux comme Recrosio, Thierry Meury ou Mix & Remix réagiront à l'actualité avec des dessins ou des chroniques. Cette animation servira comme produit d'appel à la publication.