Modifié le 09 avril 2019 à 23:34

Pas encore de moratoire vaudois sur la 5G, mais des antennes retenues

Le Conseil d'État vaudois annonce un moratoire sur l'installation des antennes 5G. Les explications de Jacqueline de Quattro.
Le Conseil d'État vaudois annonce un moratoire sur l'installation des antennes 5G. Les explications de Jacqueline de Quattro. 12h45 / 2 min. / le 09 avril 2019
Contrairement à ce qui avait été annoncé mardi, le Conseil d'Etat vaudois n'a pas encore décidé d'un moratoire sur les antennes 5G, a-t-il précisé dans une note à la presse. Mais les dossiers relatifs aux installations des antennes sont effectivement retenus.

Le Conseil d’Etat n’a pas encore pris de décision de suspension des autorisations de construction d’antennes 5G et il n’y a donc aucun moratoire à ce jour sur cette thématique, précise le Conseil d'Etat mardi après-midi.

C’est dans le cadre de la réponse à la résolution du Vert Raphaël Mahaim et consorts "Moratoire sur l'installation d'antennes 5G: il est urgent d'attendre!" que le Conseil d’Etat examinera la question d’un moratoire.

"Principe de prudence"

En l’état, la pratique du Département du territoire et de l’environnement (DTE) consiste uniquement, dans le respect du principe de prudence, à retenir les dossiers relatifs aux antennes 5G dans l’attente des directives techniques de la Confédération.

Il faut dire qu'en Suisse, il n'est pas possible actuellement de calculer les émissions des nouvelles antennes 5G, car le protocole de mesure officiel n'existe pas encore. Les entreprises chargées du contrôle ne sont pour l'instant pas en mesure de vérifier officiellement que l'ordonnance sur les rayons non-ionisants est bien respectée.

Un protocole promis dans le courant de l'année

Interrogé mardi dans l'émission On en parle de la RTS, l'Institut fédéral de métrologie assure travailler à l'établissement du protocole en collaboration avec l'OFEV, et le promet pour courant 2019.

"En Suisse, on est très prudents dans les calculs, on prend toujours en compte des valeurs maximales qui ne sont presque jamais atteintes. Il ne faut pas créer la panique dans la population: les recommandations de mesure sont en principe développées après l'introduction d'une technologie, comme c'était déjà le cas pour la 4G, et cela n'a pas posé de problème", a répondu l'Institut à l'émission On en parle.

jvia/vkiss

Publié le 09 avril 2019 à 14:24 - Modifié le 09 avril 2019 à 23:34

Neuchâtel a aussi gelé les permis

Tous les cantons romands ont confirmé à la RTS que ce protocole de mesure 5G n'existe pas, mais la situation n'inquiète pas la plupart d'entre eux. Seuls Vaud et Neuchâtel ont gelé la délivrance des permis de construire.

Du côté de Neuchâtel, Denis Jeanrenaud, spécialiste du rayonnement non-ionisant au service de l'énergie et de l’environnement du canton, a indiqué à On en parle que les demandes de permis de construire qui concernent des antennes adaptatives 5G sont mises en attente de documents complémentaires de la part des opérateurs.

"La science n’est ni inquiète, ni rassurante"

Selon le physicien Pierre Zweiacker, les effets nocifs d’une onde dépendent essentiellement de l’intensité, de la fréquence et de la durée d’exposition. "L’ordonnance fédérale fixe des limites pour les antennes relais, mais pas pour les objets qu’on a auprès de soi", précise le scientifique.

En parlant des objets connectés dans nos maisons, il explique que ces ondes s’additionnent. "Dans ces fréquences là, l’effet est toujours le même, c’est un effet d’échauffement, comme pour le micro-onde. Donc si vous avez plusieurs sources d’échauffement, vous avez un échauffement total. Mais la distance compte aussi: on n'est pas tout près de chacun de ces appareils", nuance Pierre Zweiacker.

"La science n’est ni inquiète, ni rassurante. Elle tire des conclusions, et après, chacun en fait ce qu’il veut", conclut le spécialiste.