Modifié le 26 août 2016

Trop de cancers de la thyroïde sont diagnostiqués, selon une étude

Une étude révèle le surdiagnostic de cancers de la thyroïde.
Trop de cancers de la thyroïde dépistés CQFD / 8 min. / le 25 août 2016
Des chercheurs français et italiens alertent sur le nombre élevé de surdiagnostics de cancers de la thyroïde. Le phénomène concerne près de 470'000 femmes et 90'000 hommes en 20 ans, souligne CQFD.

Cette publication, qui concerne 12 pays à haut revenu comme la France ou la Corée du Sud, est parue dans le New England Journal of Medecine et émane notamment du centre international de recherche sur le cancer.

L'étude rejoint les conclusions de l'Office fédéral de la santé publique en Suisse, puisqu'en avril dernier, le rapport 2015 du cancer signalait en 20 ans, respectivement 60 et 40% d'augmentation de tumeurs de la thyroïde chez les femmes et les hommes en Suisse.

Dépistage systématique

L'augmentation des cas recensés est essentiellement due au dépistage, a expliqué Salvatore Vaccarella, l'auteur de l'étude, épidémiologiste et statisticien au centre international de recherche sur le cancer, jeudi dans l'émission CQFD de la RTS.

En Corée par exemple, une hausse massive des cas est observée avec une explosion du dépistage: l'Etat a organisé une campagne où presque 15% de la population a été testée.

Evolution surtout chez les femmes

Les chercheurs s'attendaient à observer une hausse des cas avec l'âge des patients. Mais l'augmentation est plutôt marquée chez les individus d'âge moyen, de 30 à 55 ans, avec une évolution particulièrement marquée chez les femmes.

"Celles-ci sont plus soucieuses de leur santé dans cette tranche d'âge. Par ailleurs, comme elles se rendent chez leur gynécologue, elles ont plus de chances de faire l'objet de méthodes de diagnostic plus sensibles, comme l'échographie", explique Salvatore Vaccarella.

"Cancer", le mot qui fait peur

Ces technologies permettent notamment de détecter des nodules de petite taille, que l'on ne remarquait pas par le passé. Et comme le patient veut s'en débarrasser le plus rapidement possible, la conséquence est souvent une ablation. Or, "une très petite part des nodules vont évoluer, la plupart sont indolents", précise Salvatore Vaccarella.

Pour le chercheur, il faudrait que les médecins évitent le dépistage systématique. Et en cas de découverte de petits nodules, les monitorer plutôt que de les traiter immédiatement. Salvatore Vaccarella va même plus loin "il ne faudrait pas les appeler 'cancer'. Cela fait peur au médecin et au patient".

jvia

Publié le 26 août 2016 - Modifié le 26 août 2016