L'arsenal thérapeutique, notre armée de secours contre les microbes

Il est capital d'identifier correctement le microbe responsable de l'infection pour pouvoir choisir le traitement approprié.
Il est capital d'identifier correctement le microbe responsable de l'infection pour pouvoir choisir le traitement approprié. [DR]
Notre corps est environné et habité de milliards de microbes, certains bons, d'autres mauvais. Même s'il sait se battre contre ces derniers, ses défenses naturelles sont parfois insuffisantes. C'est pourquoi nous utilisons des médicaments pour lutter contre les infections. Ironie du sort, beaucoup de ces médicaments sont fabriqués naturellement par... d'autres microbes! Explications de Patrick Linder, professeur au département de microbiologie et médecine moléculaire de l'Université de Genève.

Pour lutter efficacement contre une infection, au delà des défenses du système immunitaire, il faut des armes thérapeutiques. Elles doivent être efficaces contre les microbes, sans attaquer les cellules humaines. L'homme dispose de tout un arsenal dans ce domaine : désinfectants pour nettoyer les objets, antiseptiques pour prévenir (mais pas combattre) une infection, antifongiques contre les champignons, antiviraux contre les virus, antiparasitaires contre les protozoaires et antibiotiques contre les bactéries! Les médicaments peuvent lutter contre les microbes de plusieurs manières, en les tuant directement ou en les empêchant de se multiplier.

Les armes utilisées peuvent être générales, comme la pénicilline qui permet de lutter contre de multiples infections. Mais il existe aussi des armes spécifiques d'un microbe donné. Elles sont souvent plus efficaces. Les médicaments que nous utilisons sont soit d'origine naturelle, soit synthétisés chimiquement.

Les armes naturelles sont fabriquées... par des microbes ! En effet, les milliards de microbes existant sur Terre sont comme tout organisme vivant : ils se battent entre eux pour maintenir leur place et leur accès à la nourriture. Pour cela, certains ont développé des substances toxiques pour d'autres microbes. C'est ainsi qu'un champignon, le Penicillum notatum, a développé la pénicilline pour lutter contre les bactéries. Nous en profitons pour l'utiliser comme antibiotique naturel lorsque nous avons une infection bactérienne.

Au début d'une infection, on fait des analyses pour trouver le microbe responsable. Puis on sélectionne la meilleure arme de défense. L'une des techniques utilisées quand on a une infection bactérienne est l'antibiogramme. On fait pousser la bactérie responsable de l'infection au fond d'une boîte, où se trouvent des gouttes de différents antibiotiques. Si la bactérie ne parvient pas à pousser autour de l'une de ces gouttes, c'est que l'antibiotique est spécifiquement efficace. Il sera donc choisi pour lutter contre l'infection.

RTS Découverte, avec la collaboration de Patrick Linder, professeur au département de microbiologie et médecine moléculaire de l'Université de Genève

Publié le 21 mai 2010 à 15:13 - Modifié le 16 août 2018 à 15:02