L'éthique animale: différentes notions

Lexique

Publié le 26 octobre 2017 à 14:09 - Modifié le 27 février 2018 à 14:27

L'éthique animale: différentes notions

Depuis les années 1970, les relations entre l'Homme et l'animal sont étudiées dans les universités. Dans le même temps, différents mouvements de défense des animaux ont vu le jour avec une foule de notions pas toujours connues du grand-public. Lexique.

  • Le spécisme

    La discrimination liée à l'espèce

    Le spécisme est la discrimination basée sur l'espèce, qui fait de l'espèce en soi un critère justifiant la violation de ces droits fondamentaux (exploitation, violence, oppression et meurtre). Le spécisme est semblable au racisme et au sexisme, il permet de justifier l'exploitation et la violence malgré toute notion de justice.

    Dans son livre La Libration animal, Peter Singer écrit « Les racistes violent le principe d'égalité en donnant un plus grand poids aux intérêts des membres de leur propre race quand un conflit existe entre ces intérêts et ceux de membres d'une autre race. Les sexistes violent le principe d'égalité en privilégiant les intérêts des membres de leur propre sexe. De façon similaire, les spécistes permettent aux intérêts des membres de leur propre espèce de prévaloir sur les intérêts supérieurs des membres d'autres espèces. Le schéma est le même dans chaque cas. »

    Une famille de canards.
    Une famille de canards. [Annieze - Fotolia]

  • Le welfarisme et néo-welfarisme

    Pour l'amélioration des conditions d'exploitation

    Le welfarisme, de l'anglais « welfare » signifiant « bien-être », se fonde en premier lieu sur la reconnaissance du ressenti de la souffrance par les animaux. Ce courant ne remet pas en cause le primat de l'Homme et l'exploitation animale, mais entend améliorer le bien-être des animaux. Cela se traduit, notamment, par la volonté de promulguer des lois qui garantissent ce bien-être ou l'améliore.

    Le néo-welfarisme est proche de l'abolitionnisme en cela qu'il vise, sur le long terme, à l'abolition de l'exploitation animale. Cependant, ces deux courants divergent quant au processus qui mènera à ce but commun. Les néowelfaristes pensent que les améliorations apportées aux conditions de vie des animaux exploités rapprochent progressivement de l'idéal abolitionniste.

    Trois petits agneaux.
    Trois petits agneaux. [Henning Bultmann - Fotolia]

  • L'abolitionnisme

    Une lutte contre toutes les formes d'exploitations animales

    Le terme "abolitionnisme" dans le contexte animaliste a été inventé à la fin des années 90 par Gary L. Francione. Il se réfère directement à la lutte contre l'esclavage. Ce courant remet en cause toute exploitation qui réduit les animaux à des choses. Cette vision ne se limite pas à éviter la souffrance des animaux, elle revendique leur droit à vivre.

    Francione définit son approche selon 6 principes :

    1. L'abolitionnisme lutte pour que tous les êtres sensibles (humains ou non-humains) obtiennent le droit fondamental de ne pas être traité par d'autres comme leur propriété.

    2. De ce fait, les abolitionniste militent pour l'abolition de l'exploitation animale et non pour sa réglementation. C'est en cela que cette approche diffère du néo-welfarisme


    3. La non consommation de produits issus de l'exploitation animale se place alors en impératif moral fondamental.


    4. L'approche abolitionniste lie le statut moral des animaux uniquement à la sentience et à aucune autre caractéristique cognitive ; tous les êtres sentients ont un droit égal à ne pas être utilisés comme ressources.


    5. Les abolitionnistes rejettent le spécisme au même titre que toutes autres formes de discriminations (racisme, sexisme, homophobie, etc.)


    6. L'abolitionnisme considère le principe de la non-violence comme un principe fondamental du mouvement pour les droits des animaux.

    Deux poussins.
    Deux poussins. [Soru Epotok - Fotolia]

  • Le véganisme

    Une consommation exempte d'exploitation animale

    Le véganisme est un mode de vie fondé sur le refus de l'exploitation et de la cruauté envers les animaux. Au-delà de l'adoption d'un régime alimentaire végétalien, le véganisme exclut la consommation de tout produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux (cuir, fourrure, laine, soie, cire d'abeille, cosmétiques, loisirs, etc.). Par rapport au végétarisme et au végétalisme, qui désignent simplement des régimes alimentaires, le véganisme vise plus largement un mode de vie rattaché à des choix moraux et politiques, comme ceux du mouvement des droits des animaux. On nomme communément "végane" la personne qui opte pour le véganisme. Un.e végan.e peut être welferisme, néowelfariste ou abolitionniste.

    Une vache et son veau.
    Une vache et son veau. [Jeffrey Schwartz - Fotolia]

  • Le végétalisme

    Un régime alimentaire sans exploitation animale

    Le végétalisme, ou végétarisme strict, est une pratique alimentaire qui, comme tout régime végétarien, exclut toute chair animale (viande, poissons, crustacés, mollusques, etc.) ainsi que les produits dérivés des animaux (gélatine, etc.), et qui rejette, de surcroît, la consommation de ce qu'ils produisent (œufs, lait, miel, etc.).

    Trois petits cochons.
    Trois petits cochons. [Gudrin - Fotolia]

  • Le végétarisme

    Un régime alimentaire sans chair animale

    Le végétarisme est une pratique alimentaire qui exclut la consommation de chair animale pour des motivations diverses. Certains végétariens le sont pour des raisons liées à leur santé, leur religion ou leur culture, mais d'autres facteurs peuvent motiver l'adoption d'un régime végétarien, comme la critique des méthodes de traçabilité, d'élevage et d'abattage, l'accès aux denrées alimentaires, l'impact environnemental des modes de production et de prélèvement de ces dernières ou encore le refus par principe de l'exploitation animale.

    La définition la plus large du végétarisme correspond à l'ovo-lacto-végétarisme. Il s'agit du végétarisme occidental classique qui consiste à consommer des végétaux, des champignons et des aliments d'origine animale comme le miel, les œufs, le lait ainsi que leurs produits dérivés.

    Le « lacto-végétarisme » inclut les produits laitiers mais exclut les œufs, y compris ceux présents dans les produits transformés comme, par exemple, de nombreux gâteaux. À l'inverse, l’ « ovo-végétarisme » inclut la consommation d'œufs et exclut celle des produits laitiers.

    Une famille de cerfs.
    Une famille de cerfs. [Peter Hermes Furian - Fotolia]