Un pari risqué

Le projet de musée gallo-romain Gianadda à Martigny.

Une année avant  son inauguration en 1978, le promoteur immobilier Léonard Gianadda présente son projet de musée sur le site des ruines d'un temple gallo-romain à Martigny. Un pari osé pour la région. A-t-il alors conscience qu'il va changer l'histoire de sa petite ville d'adoption, lui, le fils d'un modeste immigré italien?

Très vite, ses expositions d'art vont faire sensation auprès du grand public. Sa fortune lui permet d'organiser de véritables événements culturels et mondains, relayés par les médias. Précurseur à sa manière, il maîtrise les ficelles du marketing et de la publicité. Mais c'est aussi un homme passionné d'art, qui se lie d'amitié avec les collectionneurs et les artistes.

Léonard Gianadda est né le 23 août 1935 à Martigny. Dans sa jeunesse, il a exercé une activité de photographe et de journaliste reporter.

Le 19 novembre 1978, il inaugure la Fondation Pierre Gianadda, en mémoire de son frère cadet, mort en 1976, suite à un accident d’avion. Outre des expositions temporaires à la renommée internationale, on lui doit un musée de l’automobile, une saison musicale, un parc de sculptures dans les jardins de la Fondation et sur les ronds-points de la ville, et une Fondation à but social.

Son père, un modeste immigré originaire du Piémont a franchi à pied le col du Simplon en 1889 pour venir travailler en Suisse. Léonard, une fois fortune faite dans l’immobilier, va poursuivre une longue carrière de mécène au service de Martigny, une forme de reconnaissance envers sa ville d’adoption.

C’est sans doute le mécène suisse le plus couvert d’honneurs à l’étranger (Légion d’honneur, Académicien, Membre d’honneur à de multiples reprises) et le plus médiatique aussi.

  • Journaliste: François Dayer