Témoignage syndical

Répression et arbitraire règnent dans l'Espagne franquiste.

En mai 1975, de passage à Genève, un syndicaliste espagnol témoigne de la situation du mouvement ouvrier et du parti socialiste dans l'Espagne franquiste.

Camarades molestés et emprisonnés sans jugement, droits élémentaires séquestrés…, le mouvement syndical poursuit cependant sa lutte pour faire entendre la voix de «l'Espagne réelle qui lutte pour la liberté contre la dernière dictature d'Europe».

C'est une profonde foi en la combativité du peuple espagnol qu'exprime ce militant: l'Espagne se libérera de la chape de plomb qui pèse sur elle.

Au lendemain de la mort de Franco (20 novembre 1975), Juan Carlos de Bourbon, petit-fils d'Alphonse XIII monte sur le trône. Il avait été choisi par le Caudillo en 1969 pour lui succéder. Aidé par Adolfo Suarez, qui dirige un gouvernement centriste de 1976 à 1981, le roi entreprend la démocratisation du régime. La Constitution de 1978 rétablit les institutions représentatives et crée des gouvernements autonomes dans les dix-sept régions du pays.

La poursuite des attentats terroristes au Pays basque incite une frange de l'armée a lancer un putsch en février 1981. Cette tentative échoue grâce à l'intervention de Juan Carlos.

Adolfo Suarez, principal artisan avec le roi de la transition démocratique, ne parvient pourtant pas à imposer son parti du centre comme parti de gouvernement. Aux élections de 1982, le Parti socialiste ouvrier (PSOE) de Felipe Gonzalez l'emporte.

Né en 1892, Francisco Franco combat de 1921 à 1927 à la tête de la légion étrangère au Maroc. En 1936, après la mort du général Sanjurjo, il prend la tête du mouvement nationaliste. Nommé chef de gouvernement et généralissime, il participe activement à la guerre civile (1936-1939). Proclamé Caudillo puis chef de l'Etat, du gouvernement et des armées en 1938, Franco entre à Madrid en mars 1939 et obtient la reddition des chefs républicains.

A l'issue de la guerre civile, Franco donne à l'Etat une structure autoritaire. S'appuyant sur les pouvoirs traditionnels de l'Eglise, de l'armée et des grands propriétaires fonciers, il réduit au silence toute opposition. Favorable au régime hitlérien et fasciste, Franco signe le pacte Antikomintern en avril 1939. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il proclame la neutralité de l'Espagne mais envoie une division combattre en URSS aux côtés des Allemands.

En 1966, il assouplit les institutions et désigne, trois ans plus tard, don Juan Carlos de Bourbon pour lui succéder, avec le titre de roi. En 1973, Franco abandonne le titre de chef du gouvernement qu'il laisse à Carrero Blanco, puis à Carlos Arias Navarro. A la mort de Franco, le 20 novembre 1975, Juan Carlos est investi des pouvoirs de chef de l'Etat.

  • Journaliste: Michel Kellenberger