Le Shah

Une année avant son départ en exil, le shah reçoit la TSR.

Portrait d'un monarque tourné vers l'Occident et qui se considère comme le digne héritier de Cyrus, fondateur de l'empire perse au VIIe siècle av. J.-C.

Sûr de lui, avec ce ton posé, convaincu de sa mission pour son pays et de la protection divine dont il jouit, le Shah expose sa vision de l'avenir de l'Iran et des relations avec l'Occident.

A l'équipe de Temps présent qui l'a suivi en 1978, soit une année avant la révolution lancée par l'ayatollah Khomeiny, il évoque notamment son souhait de voir l'Iran placé parmi les cinq puissances mondiales ne possédant pas l'arme atomique.

Mohammad Reza Pahlavi est né à Téhéran en 1919. Après ses classes en Suisse, à l'Institut Le Rosey de Rolle, et une formation d'officier, il monte sur le trône d'Iran en 1941, pour remplacer son père. Très vite le jeune souverain recherche l'appui des puissances occidentales et se rapproche des Etats-Unis pour contrebalancer l'influence britannique dans la région et les risques d'hégémonie soviétique.

Lorsque Mohammad Mossadegh devient Premier ministre, il redoute ses projets réformistes qui manquent d'abolir la monarchie en 1953. Il profite des difficultés internationales de Mossadegh pour le faire renverser et devenir le seul maître du pays. Devenu un des chefs les plus importants du Moyen-Orient, car il gouverne un pays riche en gisements pétroliers et militairement puissant qui bénéficie de la bienveillance américaine, il abolit le système multipartite qui lui est hostile et instaure un régime autoritaire avec l'aide de la police politique iranienne, la SAVAK, et l'aide militaire des Etats-Unis.

Le Shah commence alors de profondes réformes économiques et agraires qui doivent inscrire l'Iran dans le camp occidental. Avec sa «révolution blanche», le Shah modernise progressivement le pays pour en faire un pays laïc. On relève notamment le suffrage universel, y compris pour les femmes, et la mise en place d'un examen professionnel pour les aspirants théologiens islamistes (les mollahs), cela en rupture avec les vieilles traditions religieuses.

Sa politique aboutit à une croissance économique très forte durant les années 1960 et 1970. Mais la dictature qu'il impose au pays, les inégalités croissantes et la pression démographique mettent à mal son autorité. En 1979, il est renversé par l'ayatollah Khomeiny qui conduit le clergé chiite et le pays vers un régime de République islamique.

Mohammad Reza Pahlavi meurt en Égypte en juillet 1980.

  • Journaliste: Claude Smadja
    Réalisateur: Raymond Vouillamoz