Colonel Bachmann

L'espion du DMF a mis en place une armée secrète en Suisse.

En novembre 1979 éclate l'affaire Schilling, un cas d'espionnage mineur mais qui entraînera des conséquences pour le moins inattendues.

L'espion suisse Kurt Schillling est arrêté en Autriche, accusé d'avoir observé d'un peu trop près d'importantes manoeuvres militaires autrichiennes. On apprend que Schilling, ainsi que d'autres, a reçu ses ordres d'un certain Albert Bachmann, colonel au Département militaire fédéral, surtout connu à l'époque pour avoir écrit le guide de défense civile.

Ce scandale entraîne un enchaînement de révélations qui mettent en lumière l'existence d'une organisation complexe mêlant services secrets militaires, officine privée, contacts étroits avec des services étrangers comme le MI-6 britannique ou l'Otan, et organisation d'un réseau de résistance en cas d'occupation communiste du territoire suisse échappant à tout contrôle politique.

C'est la première fois qu'est révélé publiquement l'existence d'une armée «Stay-behind», comparable à ceux qui vont être découvert dans les pays de l'OTAN.

Bachmann, pivot de toutes ses activités, démissionne et son nom ne ressurgira qu'en 1990 à l'occasion de l'affaire de la P-26, armée de résistance mise en place immédiatement après la chute de l'«organisation Bachmann».

En 1981, le journaliste Jacques Poget rencontre le colonel dans sa retraite irlandaise.

  • Journaliste: Jacques Poget