Quels risques?

Déchets et sécurité nucléaires en débat avant la votation.

En 1979, avec trois centrales déjà en service et Gösgen en attente d'exploitation, la Suisse s'est déjà bien engagée dans la voie du nucléaire.

Cependant l'opposition s'intensifie. Le peuple doit voter ce 20 février 1979 sur une initiative populaire antinucléaire Pour la sauvegarde des droits populaires et de la sécurité lors de la construction et de l'exploitation d'installations atomiques. Les risques – plus ou moins maîtrisés – des centrales, mais aussi et surtout la question des déchets radioactifs préoccupent.

Cet extrait de l'émission Tell Quel du 13 février 1979 suit les étapes de production de l'énergie atomique sous l'angle de la sécurité puis ouvre un débat sur la gestion des déchets nucléaires. Pour Jacques Rognon, représentant des Forces motrices bernoises, il y a une psychose autour des déchets, stockables sans risques. Le géologue Marcel Burri, lui, s'indigne: «scientifiquement, on ne sait pas!».

La Suisse utilise l'énergie nucléaire pour produire de l'électricité, depuis 1969. Les 5 centrales nucléaires du pays – Beznau I et II, Mühleberg, Gösgen, Leibstadt – ont été mises en service entre 1969 et 1984 sous le régime de la loi atomique de 1959.

Les Suisses ont voté à plusieurs reprises sur la question nucléaire :

Dans les années 70, avec l'émergence d'un mouvement contre le nucléaire civil animé par des préoccupations environnementalistes, l'opposition au projet de Kaiseraugst en 1975 marque un tournant dans la contestation nucléaire en Suisse. Des initiatives sont lancées en 1976, l'une d'elles intitulée Pour la sauvegarde des droits populaires et de la sécurité lors de la construction et de l'exploitation d'installations atomiques aboutit mais est rejetée de justesse en votation populaire le 18 février 1979.

En septembre 1984, deux initiatives Pour un avenir sans nouvelles centrales atomiques et Pour un approvisionnement en énergie sûr, économique et respectueux de l'environnement proposent aux Suisses de renoncer à l'énergie atomique. Les deux projets sont rejetés par 55% pour le premier texte et par 54,2% des voix pour le second.

Le 23 septembre 1990, le peuple rejette l'initiative intitulée Pour un abandon progressif de l'énergie atomique, avec 52,9% de non. Le même jour la votation sur l'initiative populaire Halte à la construction de centrales nucléaires (moratoire) est acceptée avec 54,5% de oui. Cette votation aboutit au gel pour une durée de dix ans des autorisations de construction de centrales nucléaires en Suisse.

En mai 2003, Sortir du nucléaire – Pour un tournant dans le domaine de l'énergie et pour la désaffectation progressive des centrales nucléaires ainsi que Moratoire-plus – Pour la prolongation du moratoire dans la construction de centrales nucléaires et la limitation du risque nucléaire font l'objet d'une votation. Le peuple rejette pour la quatrième fois une sortie du nucléaire avec 66% de voix contre Sortir du nucléaire et 58,4% contre le Moratoire.

En 2008, trois exploitants de centrales nucléaires présentent des demandes d'autorisation générale pour de nouvelles centrales. Le 15 novembre 2010, l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) déclare adéquats les sites de Mühleberg, Beznau et Gösgen.

Suite aux accidents nucléaires de Fukushima au Japon de mars 2011, le Conseil fédéral annonce une suspension des projets de renouvellement des centrales.

  • Journaliste: Henri Hartig et Roland Bahy