Emancipation féminine

Journées de gymnastique féminine à Lucerne en 1991.

Pour la première fois depuis les débuts de la Fête fédérale de gymnastique, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à s'être inscrites pour la 71e édition à Lucerne. 36'000 sportives participent ainsi aux Journées féminines du 12 au 16 juin 1991.

Les femmes ont dû attendre 100 ans pour pouvoir participer, à Aarau en 1932, aux premières Journées suisses de gymnastique féminine qui se tiennent quelques jours avant la fête fédérale. Elles devront patienter encore jusqu'en 1996 pour que l'événement devienne réellement mixte et accueille en même temps gymnastes masculins, féminins et jeunes gymnastes.

Les participantes de Lucerne se confient au micro du Téléjournal sur leur émancipation et l'apport de la touche féminine dans l'évolution de la discipline sportive.

La gymnastique apparaît en Suisse peu après la création du mouvement allemand Turnen en 1811, fondé sur des idéaux patriotiques. Les premiers groupes gymniques se créent en Suisse alémanique dans le milieu estudiantin, à Berne en 1816, à Bâle en 1819 et à Zurich en 1820. La pratique collective se combine alors avec l'exaltation du sentiment national à travers des chants, des drapeaux et des uniformes.

Dès 1830, le mouvement gymnique s'organise de manière plus libre au niveau cantonal, tout en promouvant  l'éducation de la jeunesse et les valeurs civiques démocratiques.

La Fête fédérale de gymnastique (FFG) a lieu pour la première fois à Aarau en 1832, date de la fondation de la Société fédérale de gymnastique (SFG). Elle réunit les gymnastes amateurs masculins dans des concours et des exercices de groupe. La fête est organisée annuellement jusqu'en 1874, puis tous les 2 à 4 ans; depuis 1967, la FFG a lieu tous les 5 à 6 ans. La fête est organisée pour la première fois en Suisse romande en 1850 à la Chaux-de-Fonds.

En 1874, l'éducation physique devient obligatoire au niveau suisse pour les garçons, en vue du service militaire. La connotation patriotique de la SFG se renforce, du fait de sa participation active à la formation gymnique des futures recrues.

Le nombre d'adhérents augmente fortement dans la seconde moitié du 19e siècle: la SFG passe de 23 sociétés affiliées en 1850 à 543 en 1900, et de 1'200 membres en 1860 à 39'000 en 1900. Parallèlement à la SFG, apparaissent la Fédération ouvrière suisse de gymnastique et de sport (Satus) et la Fédération catholique suisse de gymnastique et de sport.

Au 20e siècle, le mouvement de la SFG poursuit son formidable développement, triplant le nombre de ses adhérents entre 1912 (68'000) et 1945 (184'000).

En 1932, 100 ans après la première FFG, les femmes participent aux premières Journées suisses de gymnastique féminine à Aarau qui se tiennent quelques jours avant la fête fédérale.

Dans les années 1960, la SFG se réoriente et se modernise. Les exercices gymniques des Fêtes fédérales perdent de leur rigueur militaire et se transforment en spectacles chorégraphiques colorés et musicaux.

En 1986, la SFG fusionne avec l'Association suisse de gymnastique féminine (ASGF), créée en 1908, et devient la Fédération suisse de gymnastique (FSG). La société s'ouvre alors à tous les publics et tous les âges, aux disciplines de gymnastique rythmique et aérobique et propose même d'autres activités sportives dont notamment l'athlétisme.

En 1996, la fête fédérale accueille pour la première fois les gymnastes féminines et les jeunes gymnastes. En parallèle de la FFG, les gymnastes masculins romands se retrouvent depuis 1921 à intervalles réguliers lors des Fêtes romandes de gymnastique (FRG), qui deviennent aussi mixtes en 1999.

En 2012, la FSG compte quelque 367'000 membres affiliés à 3'100 sociétés et sections.

  • Journaliste: Patrick Fischer