Jeunesse turbulente

Comment expliquer le malaise de la jeunesse suisse?

En mai 1980, les jeunes Zurichois dénoncent violemment la politique culturelle de leur ville, essentiellement dirigée vers le soutien à l'opéra, et revendiquent l'ouverture d'un centre automne.

Le mouvement prend dans d'autres villes, comme Bâle et Berne. En Suisse Romande, seule Lausanne est secouée en septembre. Ce sera le mouvement «Lôzane bouge» et sa tentative d'un centre autonome.

L'émission Table ouverte revient sur les manifestations lausannoises et tente de comprendre le malaise de la jeunesse suisse.

Le 27 septembre 1980, près de 400 jeunes Lausannois réclament la création d'un centre autonome, une légalisation des drogues douces et plus de liberté pour les homosexuels. Ils manifestent devant le Palais de Beaulieu, où se tient le Comptoir suisse. Pendant le défilé, des casseurs brisent les vitrines et bloquent la circulation.

Dans les mois suivants, de nouveaux affrontements avec les forces de l'ordre agitent la capitale vaudoise.

A Zurich, la revendication portent également sur l'ouverture d'un centre autogéré et pour la fixation de loyers bon marché dans une ville en pénurie de logements. Le climat se détériore entre les autorités et les jeunes, dont sont issus des bandes de casseurs.

Après sept mois d'émeute, la Ville refuse toujours de négocier. La Commission fédérale pour la jeunesse, présidée par le radical genevois Guy-Olivier Second, en appelle au dialogue: «Il faut mettre à la disposition des jeunes, sans essayer de les influencer ou de leur imposer des structures traditionnelles, un lieu de réunion où ils pourront expérimenter leurs idées d'autonomie et d'anarchie.»

  • Journaliste: Jacques Pilet
    Réalisateur: Antoine Bordier