Le regard du PCI

Comment le Parti communiste italien juge le concile?
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24 février 1966

Point

Dans cette interview du magazine Point diffusé en février 1966, Luigi Longo, qui à succédé à Palmiro Togliatti à la tête du Parti communiste italien deux ans plus tôt, analyse les modifications que le concile Vatican II peut produire sur le rapport entre catholiques et communistes italiens.

Il est intéressant de noter que l'Eglise, vivement attaquée pour son conservatisme, entreprend avec le concile sa «rénovation», alors que Longo cherche, de son côté, à ouvrir le PC vers le centre gauche.



Homme politique italien, Luigi Longo (1900 – 1980) a été membre de l'aile gauche du Parti socialiste italien qui donna naissance, en 1921, au parti communiste. Il participa à la lutte antifasciste puis à la guerre d'Espagne. Arrêté en France en 1939, il fut livré aux Italiens et emprisonné. Libéré en 1943, il dirigea les partisans de haute Italie.


Luigi Longo succéda à Palmiro Togliatti en 1964 à la tête du PCI et tenta alors de sortir le parti de son isolement en se rapprochant des socialistes, puis en soutenant le centre-gauche.


Lancé dans l'esprit de Jean XXIII, le Concile Vatican II devait poser les bases de l'aggiornamento de l'Eglise, c'est-à-dire de l'adaptation de ses institutions traditionnelles aux nécessités du monde moderne. Le concile devait également permettre à l'Eglise de définir son attitude en face des apports positifs de la pensée contemporaine. Enfin, il avait une orientation fondamentalement oecuménique et devait préparer la réunion de tous les crétiens.


2540 pères conciliaires se réunirent à Rome, en plusieurs sessions, entre 1962 et 1965. Deux tentances s'affirmèrent au sein du concile: l'une conservatrice qui regroupait la plupart des cardinaux de la curie romaine et de nombreux évêques italiens et espagnols, l'autre progressiste qui était représentée par les pères français, allemands, belges et par ceux du tiers monde.


Un bureau de presse est créé pour communiquer des informations quotidiennes et des laïcs sont invités à participer comme auditeurs, parmi eux Jean Guitton. Quatre sessions se sont tenues et c'est le pape Paul VI, élu le 21 juin 1963, trois semaines après la mort de Jean XXIII, qui conclut le concile, le 8 décembre 1965. Le concile promulga quatre constitutions, dont une sur la rénovation de la liturgie et une sur l'Eglise dans le monde moderne.


L'esprit du concile fut souligné par plusieurs gestes significatifs de Paul VI au cours des «intersessions», ainsi que par la création d'un groupe de travail mixte avec le Conseil oecuménique des Eglises et la levée des anathèmes réciproques entre les Eglises catholique romaine et orthodoxe.


Dans l'esprit de nombreux catholiques, un des faits le plus marquant du concile est l'autorisation de l'emploi des langues locales, au détriment du latin, pour la célébration de la messe.