Joséphine Baker

La chanteuse témoigne de son engagement pour les enfants.

De passage en mars 1965 aux studios de la TSR, la grande Joséphine Baker répond avec gentillesse aux questions des journalistes et en profite pour faire connaître un de ses grands engagements : la fondation en Dordogne du village des Milandes où elle accueille des enfants de toutes origines. Elle y engloutira d'ailleurs toute sa fortune et multipliera les concerts pour poursuivre son oeuvre.

Joséphine Baker est née en 1906 à Saint-Louis, dans le sud ségrégationniste des Etats-Unis.

Elle est trop petite pour s'apercevoir que son père l'abandonne mais pas suffisamment pour ne pas souffrir de la haine d'une mère qui lui répète chaque jour qu'elle est une erreur. A 8 ans, Joséphine travaille comme femme de ménage. A 13 ans, sa mère la marie à un inconnu beaucoup plus âgé qu'elle. Après quelques mois de vie commune, l'adolescente s'enfuit après avoir frappé son mari avec une bouteille.

Enfin libre, elle va danser pour sauver sa peau. Elle est remarquée par un richissime Américain qui la fait venir à Paris pour participer à la célèbre «Revue nègre». Totalement nue, hormis une simple ceinture de plumes, elle se lance dans des charlestons endiablés, inspirés des danses primitives. Quand Joséphine troque ses plumes pour des bananes, on crie au scandale devant cet érotisme torride.

Si Joséphine Baker passionne les foules, elle intéresse également les cubistes et les surréalistes qui proposent de remplacer la statue de Jeanne d'Arc par une sculpture à son effigie. Bientôt, cette jeune femme deviendra l'interprète de Scotto, l'amie de Colette, la muse du poète Max Jacob et du sculpteur Laurens. Elle sera la maîtresse de Le Corbusier et d'Ernest Hemingway.

Reine incontestée du music-hall, Joséphine est également célèbre pour son engagement lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle sera décorée à la Libération. Après guerre, cette militante adoptera onze enfants de toutes origines.

A sa mort, Joséphine Baker reçoit des funérailles solennelles à l'église de la Madeleine à Paris.

  • Journaliste: Pierre Lang