Oui à la cavalerie

Les dragons favorisent les milieux de l'élevage en Suisse.

Alors que les Chambres fédérales ont pris la décision de supprimer les dragons, le magazine Horizons fait le point sur l'influence de cette arme en Suisse. Car la cavalerie favorise l'élevage et les milieux hippiques dans notre pays.

Dès 1895, l'armée suisse compte 4 brigades de dragons. Le colonel Ulrich Wille, instructeur en chef de la cavalerie qui assurera le commandement suprême durant la Première Guerre mondiale, souhaite que l'instruction des dragons soit complétée par des activités hors service, telles que des concours hippiques. Il préconise également d'engager la cavalerie comme une arme d'infanterie mobile. Mais sa doctrine est combattues par les officiers qui prône jusqu'en 1914 la charge dans l'engagement militaire de la cavalerie. Il est à noter que la cavalerie a participé au service d'ordre lors de la grève générale de 1918.

En 1924 et 1938, des escadrons disparaissent dans le remaniement de la troupe. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la pénurie de foin, d'avoine et la mobilisation des chevaux pénalisent une agriculture chargée de produire le plus possible. En 1945, le chef de l'état-major général, Jakob Huber, contrairement au commandant en chef, propose la suppression de la cavalerie. Si cette orientation est militairement justifiable, elle va à l'encontre d'impératifs politique et économique.

En 1947, 158'000 citoyens signent une pétition en faveur du maintien de la cavalerie. Les brigades légères ne comprennent alors plus que des dragons motorisés, les futurs grenadiers de chars. Quant aux dragons à cheval, ils constituent un groupe par division de plaine, un régiment par corps d'armée de campagne depuis 1961. Le problème de la suppression revient sans cesse sur le tapis, alors que les escadrons diminuent (ils étaient 30 en 1938, 24 en 1951, 18 en 1961).

La décision tombe aux Chambres fédérales en 1972, malgré une pétition revêtue de 432'430 signatures. La Suisse était alors le dernier pays d'Europe à entretenir des formations de combat à cheval.

  • Journaliste: Georges Hardy