Jean Vincent

Le fondateur du Parti suisse du travail évoque son engagement.

L'émission En direct avec s'entretient avec Jean Vincent en mai 1971.

A la tête du Parti du travail, député au Grand Conseil genevois et élu au Conseil national, cet avocat genevois évoque les origines de son engagement politique. Fils de pasteur, c'est pourtant une profonde aversion pour la charité et surtout un engagement sans faille pour la justice qui ont poussé cet homme de convictions au communisme.

Jean Vincent est né en juillet 1906 à Genève dans le quartier des Pâquis. Fils de pasteur, poussé par la passion de la justice, il embrasse la profession d'avocat. Tenté par l'anarchisme, il a des contacts avec Luigi Bertoni, le typographe anarchiste genevois d'origine italienne. Jean Vincent participe à des manifestations en faveur des anarchistes italiens Sacco et Vanzetti, condamnés à mort aux USA et il finit en cellule.

Il adhère au Parti communiste en 1924 afin de lutter pour la classe ouvrière. En 1932, il est mandaté pour défendre en Chine deux militants zurichois Paul et Gertrude Ruegg menacés d'exécution. Jean Vincent reste une année en Chine, la peine de mort est commuée en réclusion à vie. La terreur blanche en Chine l'impressionne profondément.

Dans les années 30, Jean Vincent dirige la section genevoise du Parti communiste. Elu au Grand Conseil genevois en 1936, il en est exclu en 1940 lors de l'interdiction du Parti communiste suisse. En 1944, avec d'autres camarades, Jean Vincent fonde le Parti suisse du Travail. En 1945 il est réélu au Grand Conseil qu'il ne quittera plus jusqu'en 1986. Il est membre du Conseil national de 1947 à fin 1980.

Grand orateur, profondément engagé dans la vie politique, Jean Vincent fut animé par la volonté de changer les choses et de lutter en faveur de plus de justice. Il s'est éteint en 1989.

  • Journaliste: Claude Torracinta et Jean Dumur
    Réalisateur: Michel Soutter