Jiri Pelikan

Directeur de la télévision, il fut un acteur majeur de ce Printemps.

Directeur de la radio et télévision tchécoslovaque, Jiri Pelikan est une des grandes figures du «Printemps de Prague». Avec Alexander Dubcek et Ota Sik, il incarna la tentative de donner au socialisme «un visage humain» fondé sur la démocratie, le pluralisme politique, l'autogestion et l'économie mixte

Dans cet entretien accordé à Continents sans visa, il exprime sa confiance dans le mouvement lancé en Tchécoslovaquie. Dix jours avant l'intervention armée à Prague, il se refuse à croire à une réaction négative de l'URSS.

Après l'entrée des troupes du Pacte de Varsovie, il fut l'une des premières victimes de la normalisation. Dans un entretien accordé au journal l'Humanité en août 1998, il déclarait: « Je suis convaincu que la destruction du Printemps de Prague a bloqué les réformes nécessaires dans les pays du bloc soviétique et a contribué, par ses conséquences, à l'écroulement total du système totalitaire ; jusqu'à l'URSS où la perestroïka de Gorbatchev est arrivé trop tard… »

Jiri Pelikan (1923 – 1999) Durant l'Occupation nazi, il fut actif dans la Résistance et passa plusieurs mois en prison. Membre du PC tchécoslovaque, il dirigea après 1948 une commission chargée de l'exclusion des universités de plusieurs milliers d'étudiants et d'enseignants. Une période qui influencera profondément son engagement futur pour plus de liberté. C'est ainsi qu'il se lia avec les dirigeants tchécoslovaques qui, au début des années 60, voulurent tirer toutes les conséquences de la déstalinisation et souhaitèrent renouer avec les idéaux socialistes fondamentaux.

Directeur général de la télévision d'État à partir de 1963, Jiri Pelikan fut, en 1968, l'homme de la «démocratisation» des médias. Limogé de ce poste dès septembre 1968, exclu du Parti en 1969, il s'exila à Rome. En novembre 1989, il fut, pendant une courte période, l'un des conseillers de Vaclav Havel, devenu président de la République.

Alexander Dubcek (1921-1992). Nommé premier secrétaire du Parti communiste le 5 janvier 1968, il voulut donner une orientation plus libérale au régime. Malgré le soutien de la population durant «le Printemps de Prague», il dut capituler après l'intervention des troupes du Pacte de Varsovie, dans la nuit du 20 au 21 août 1968.

Remplacé par Husak, il se vit confier le titre honorifique de présidence de l'Assemblée fédérale avant d'être exclu du Parti en juin 1970 et réduit à des fonction subalternes. Il réapparut lors des manifestations de novembre 1989 et fut élu président du Parlement.

A la libération, en mai 1945, la Tchécoslovaquie fut dirigée par des gouvernements de Front national au sein desquels l'influence du Parti communiste s'accrut. Un coup de force en février 1948 (le «coup de Prague») assura la prééminence des communistes. Après le remplacement de Benes à la présidence de la République par un communiste, le pays rejoignit le camp des démocraties populaires. Son économie fut socialisée et plusieurs pactes lièrent la Tchécoslovaquie à l'URSS.

La déstalinisation atteignit tardivement le pays qui connut, au printemps 1968, une libération à laquelle s'est attachée le nom du nouveau premier secrétaire du PC, Alexander Dubcek. La nouvelle orientation, qui ouvrait le pays vers les libertés fondamentales, comme celle de la presse, fut jugée inadmissible par les dirigeants soviétiques.

Le 21 août 1968, les troupes du pacte de Varsovie (exceptées celles de la Roumanie) envahirent le pays. La Tchécoslovaquie devint le 1er janvier 1969 un Etat fédéral composé des deux républiques tchèque et slovaque. Par la suite, les nouveaux dirigeants menèrent la politique de normalisation voulue par l'URSS.

En 1987, des manifestations contre le régime et la constitution, à l'initiative de Vaclav Havel, du Forum civique regroupant l'opposition conduisirent en 1989 à la démission des dirigeants du PC et à une réforme de la constitution. Alexander Dubcek fut élu à la présidence du Parlement et Havel à la présidence de la République.

L'échec des dirigeants de la «révolution de velours» dans leurs tentatives de réforme de l'Etat, la montée de la crise économique et des nationalismes aboutirent en juin 1992 à la victoire de la droite libérale et à la partition du pays en République tchèque et en Slovaquie.