L'arrivée en Suisse

Visite sanitaire obligatoire aux frontières pour les travailleurs étrangers.

A leur arrivée en Suisse, les travailleurs saisonniers sont soumis à un contrôle sanitaire qui peut s'avérer impitoyable. Sont-ils déclarés inaptes au travail, c'est le renvoi immédiat.

Commentant dans «Le Matin» du 2 juin 2002 la suppression du statut de saisonnier, le journaliste et écrivain Jean Steinauer écrit: «Il en restera des images: alignements de baraques à la périphérie des villes, foules de voyageurs aux valises cerclées de ficelle sur les quais de gare, et files d'hommes, torse nu, patientant pour la visite sanitaire d'entrée, rite d'humiliation plutôt qu'examen médical. Dans les décennies 1970-80, ce statut était un instrument essentiel de la politique fédérale d'immigration et le thème central du débat sur l'intégration des étrangers. Economiquement, c'était très utile. Les saisonniers sont d'excellents amortisseurs conjoncturels (…) le statut de saisonnier a permis de gagner du temps, d'éviter les réformes. En évitant toute mobilité, il garantissait leur main-d'œuvre aux secteurs peu attractifs: l'agriculture, l'hôtellerie, et surtout le bâtiment, principal employeur des saisonniers. Sur le plan juridique, l'objet était presque insaisissable. Le statut de saisonnier n'a jamais été codifié dans une loi. Ses éléments constitutifs proliféraient, de façon un peu cancéreuse, dans une foule d'ordonnances, de règlements, de directives, de circulaires: des textes relevant de la seule administration, malaisés à se procurer, souvent non publiés, et formant une sorte d'infra-droit administratif. La pénombre aussi arrangeait beaucoup de monde…»

  • Journaliste: François Enderlin
    Réalisateur: Jean-Claude Diserens