Salazar s'en va

Salazar est forcé de quitter le pouvoir pour raison de santé.

En août 1968, contraint par la maladie d'abandonner le pouvoir après trente-six ans d'une dictature paternaliste, Antonio de Oliveira Salazar laisse à son successeur un pays refermé sur lui-même, victime de son immobilisme.

L'équipe de Continents sans visa a été reçu par le nouveau président Marcello Caetano, peu disert sur la politique qu'il entend mener.

D'origine paysanne, Antonio de Oliveira Salazar a suivi des études de droit. Professeur à l'Université de Coïmbra, il s'impose comme un spécialiste des questions financières. Il se reproche des cercles dirigeants catholiques et conservateurs. Après le coup d'Etat militaire de 1926, il est ministre des Finances puis président du Conseil dès 1932. Il installe alors une dictature personnelle qu'il nomme Estado Novo. Un parti unique, l'Union nationale, des corporations, l'Eglise, l'armée et la police politique forment les bases d'un régime paternaliste. La stabilité financière et l'ordre public maintenu lui assurent le soutien des grands propriétaires fonciers, des banquiers et des chefs d'entreprise.

Favorable aux puissances de l'Axe durant la Deuxième Guerre mondiale, Salazar se rallie ensuite aux Alliés mais accentue après 1945 le repli du Portugal sur lui-même, l'immobilisme et l'oppression politique que l'adhésion du pays à l'AELE en 1959 ne remet pas en cause.

Il engage le Portugal dans des guerres coloniales en Afrique et laisse un pays affaibli à son successeur Marcello Caetano, lorsqu'il est contraint par la maladie de quitter le pouvoir en août 1968.

  • Journaliste: Guy Ackermann