La situation du PCI

Comment Pasolini voit le Parti communisme italien.

En 1968, au lendemain de l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie, Continents sans visa s'intéresse au Parti communiste italien. Le PCI apparaît en effet comme le moins inféodé à Moscou des partis communistes occidentaux.

Le reportage est constitué principalement d'une série d'interview, dont notamment celle du poète, écrivain, cinéaste et critique d'art Pier Paolo Pasolini, qui se définit comme marxiste et s'exprime ici sur l'avenir du communisme en Italie.

Pier Paolo Pasolini est né le 5 mars 1922 à Bologne. Fils d'un officier de carrière, il connaît d'abord une vie rythmée par les affectations de son père. A vingt ans, il publie son premier recueil de poème, écrit en frioulan, qui est aussitôt remarqué par la critique. En 1943, réfugié avec sa mère dans le village de Casarsa della Delizia, il apprend la mort de son frère Guido, entré dans la résistance. Ce drame le marquera pour la vie.

En 1945, Pasolini devient enseignant et découvre les écrits de Gramsci, le penseur italien du marxisme. Des accusations portées contre son homosexualité le forcent à quitter l'enseignement et le parti communiste. Installé avec sa mère près de Rebibbia, il découvre le monde du sous-prolétariat.

En 1955, il acquiert la notoriété avec son premier roman, «Les enfants de la vie», qui met en scène des jeunes gens de la banlieue romaine. En 1964, son film «L'Evangile selon Saint Matthieu» est primé à Venise. Il tourne ensuite film sur film, écrit, collabore à des revues; c'est un travailleur infatiguable qui ne cesse d'harceler la bourgeoisie confortablement installée dans la société de consommation dont il dénonce avant d'autres les vices. Pier Paolo Pasolini a marqué la culture des années 70 par sa sensibilité à vif, sa vision radicale de la société, son déchirement entre le marxisme et le christianisme, sa recherche esthétique audacieuse.

Le 2 novembre 1975, il est retrouvé sans vie sur la plage d'Ostie. Les circonstances de sa mort sont encore non élucidées et mêleraient drame de l'homosexualité et machination politique.

  • Journaliste: Dario Bertoni