Prison de flammes

Incendie au bowling de Plainpalais

"La nuit va bientôt tomber en ce 28 septembre 1967. Nous sommes jeudi, et plusieurs personnes ont composé le 18 pour annoncer un feu au bowling de Plainpalais, situé au 11, rue des Maraîchers. Il est 18h29."

Dans son ouvrage Sapeurs-pompiers genevois, une histoire au service d’autrui, paru aux éditions Cabédita, Alexandre Junod fait un récit précis et poignant de l’intervention des pompiers lors de l’incendie du bowling de Plainpalais.

Rapidement,  les sauveteurs découvrent la sortie de secours et constatent qu’elle est obstruée. "L’issue est immédiatement dégagée à la main et le premier pompier qui pénètre découvre à son tour un détail effroyable:  la porte qui menait à cette autre issue a été enfoncée….Il est donc clair que des gens ont tenté de fuir."

Six victimes furent retrouvées durant la nuit, toutes mortes par asphyxie. Un septième corps sera découvert le lendemain au sous-sol, dans le local de la machinerie. Il s’agit du caissier de l’établissement. L’enquête conclura à un incendie accidentel.

Outre les graves négligences constatées au niveau de la sécurité, la nature des matériaux de construction du bowling alimentera une autre polémique. Considéré comme un des plus grands et des plus modernes en Europe, ce bâtiment était constitué en partie de matières synthétiques hautement inflammables,  qui dégagèrent durant l’incendie une importante fumée et des gaz mortels.

Ces quelques images tirées de l'émission Carrefour tournée le lendemain du drame sont tout ce qui reste de ce tragique événement.

Certaines images ont été retirées de la version originale du reportage, sans doute pour être réutilisées ailleurs, elles sont remplacées par des noirs. Les premières secondes du sujet sont privées de son.