Edouard Glissant

Interview de l'écrivain martiniquais, lauréat du prix Veillon.

En mai 1965, l'écrivain martiniquais Edouard Glissant vient de recevoir le Prix Charles Veillon pour son roman Le 4ème siècle. Pour l'émission Carrefour, c'est le membre de l'Académie française André Chamson, président du jury, qui présente l'auteur et son ouvrage avant une interview du lauréat lui-même, évoquant son travail et ses projets.

Le 4ème siècle renvoie à l'universalité de l'homme et à la recherche -au-delà de l'oubli et du passé- des valeurs importantes pour une communauté, et ainsi pour tous les hommes. Le roman a fait profonde impression sur le jury : le Prix Veillon qui récompense une oeuvre francophone a été décerné sans hésitation.

Edouard Glissant, romancier, poète et essayiste, est né le 21 septembre 1928 à Sainte-Marie en Martinique. Docteur ès lettres, il poursuit ses études à Paris en philosophie à la Sorbonne et en ethnologie au Musée de l'Homme.

Son travail est très vite reconnu et ses premiers poèmes sont publiés dans l'Anthologie de la Poésie nouvelle de Jean Paris. Il devient ainsi l'un des principaux collaborateurs de la revue Lettres nouvelles. Son premier roman La Lézarde consacre sa renommée littéraire et reçoit le Prix Renaudot en 1958.

Avec Paul Niger en 1959, il fonde le Front antillo-guyanais mais Glissant est expulsé de Guadeloupe et assigné à résidence en France.

Il publie en 1961 une pièce de théâtre intitulée Monsieur Toussaint puis un deuxième roman Le 4ème siècle qui reçoit le Prix Charles Veillon en 1964.

Edouard Glissant, désireux de se replonger dans ses racines, rentre en Martinique en 1965 et fonde l'Institut martiniquais d'études, un établissement de recherche et d'enseignement ainsi qu'une revue de sciences humaines intitulée Acoma. Il poursuit une intense activité littéraire, publiant romans, poésies, essais.

Entre 1982 et 1988, il devient directeur du Courrier de l'Unesco et en 1989, professeur en Louisiane, il est nommé «Distinguished University Professor».

Il s'éteint le 3 février 2011.

Edouard Glissant laisse une oeuvre monumentale tissée autour de son concept de «Tout-Monde».