Le Barbare fermé

La résistance s'organise contre la fermeture du Barbare.

Coup de tonnerre parmi la jeunesse estudiante et la bohème lausannoise: en ce début juillet 1970, la police a procédé à la fermeture provisoire du café Le Barbare, situé en haut des escaliers du marché. Les plaintes des voisins, l'hygiène de lieu, des affaires de drogues et de moeurs («des jeunes gens ont été déroutés par un homosexuel», affirme le responsable de la police) ont motivé l'intervention des autorités.

Le coup est sournois. Le Barbare, c'est une institution pour des jeunes en quête de marginalité, les étudiants (de gauche), les artistes, les «hippies»… Mais la résistance s'organise; des pamphlets circulent; il est question d'occuper des «cafés bourgeois». En 1970, la revendication d'un espace de liberté dans une ville sclérosée de conformisme, ce n'est pas encore la détermination du mouvement «Lôsanne bouge» qui interviendra dix ans plus tard, mais l'esprit y est.