Portugal libre

Les premiers jours de la révolution des Oeillets, à Lisbonne.

Le 25 avril 1975, à 4h30 du matin, les militaires portugais, lassés d'une guerre coloniale sans issue, renversent le régime de Marcello Caetano qui avait succédé à Antonio de Oliveira Salazar en 1968. La population est invitée à rester chez elle, mais les Lisboates n'hésitent pas à descendre dans les rues pour acclamer la troupe emmenée par le général Antonio Spinola.

Le pays se libère enfin d'une longue période de dictature commencée en 1932 par l'instauration de «l'Etat nouveau», régime autoritaire et corporatiste conduit par Salazar. Partout c'est la joie, le sentiment de liberté, l'envie d'un renouveau qui se traduira par la restauration des libertés démocratiques et l'élection d'Antonio Spinola à la présidence de la République. Une semaine après les événements du 25 avril, l'équipe de Temps présent découvre Lisbonne en liesse.

Ce document a été diffusé à l'antenne sous le titre original : La liberté retrouvée

La révolution des Oeillets doit son nom au fait que les soldats du général Antonio Spinola placèrent un oeillet dans le canon de leur fusil. Aujourd'hui, le «Pont du 25 avril», qui s'appelait autrefois pont Salazar, relie les deux rives du Tage, à Lisbonne.

En 1970, après la mort de Salazar, qui imposa le régime autoritaire et corporatiste de «l'Etat nouveau», son successeur, Marcello Caetano, fut incapable de modifier la politique du régime, notamment envers les territoires coloniaux, notamment du Mozambique et de l'Angola, qui s'étaient soulevés les uns après les autres des 1961.

Le 25 avril 1974, les militaires emmenés par le général Spinola prennent le pouvoir. Pour la société portugaise, ce fut le début d'une période de renouveau qui permit, notamment, le rétablissement des libertés démocratiques et la reconnaissance de la gauche.

Cette période fut aussi marquée par les luttes politiques violentes entre les socialites, conduits par Mario Soares, qui sera deux fois Premier ministre avant d'être élu à la présidence, en 1986, et les communistes dirigés par Alvaro Cunhal.

  • Journaliste: Erich Lehmann