La Dixence de Chappaz

Maurice Chappaz [RTS]
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28 janvier 2000

Zig Zag Café

«La pierre de touche du nouveau pays» : l'écrivain valaisan Maurice Chappaz dit l'admiration ressentie à la vue du gigantesque chantier de la Dixence dont il fut l'un des ouvriers à partir de 1955.

En 2000, dans sa maison du Châble dans le Val de Bagnes, interrogé par le journaliste Jean-Philippe Rapp pour Zig-zag café, il se souvient de ses impressions lors de son arrivée sur le mur en construction comme aide-géomètre. L'enthousiasme mais aussi le sentiment profond du tragique qui menaçait à chaque instant. Maurice Chappaz porte également un regard critique sur les changements amenés en Valais par la construction des barrages.



Maurice Chappaz est né le 21 décembre 1916 à Lausanne. Il passe son enfance entre Martigny et l'abbaye du Châble. Après des études gymnasiales au collège de Saint-Maurice, il s'inscrit en faculté de droit à l'Université de Lausanne (1938-1940). Dans le même temps, il fréquente les cours de Marcel Raymond à la Faculté de lettres de l'Université de Genève.





Poète avant tout, Maurice Chappaz publie son premier texte Un homme qui vivait couché sur un banc, en décembre 1939.En 1940, la guerre l'oblige à arrêter ses études et, en 1947, il épouse Corinna Bille, elle-même écrivain et fille du peintre suisse Edmond Bille. Le couple aura trois enfants et prendra domicile à Veyras, près de Sierre, jusqu'à la mort de Corinna Bille en 1979. Maurice Chappaz reviendra alors au Châble.


Sans profession régulière et désirant consacrer son temps à l'écriture, Chappaz est correspondant occasionnel dans la presse et gère le domaine viticole de son oncle en Valais. Très tôt il fait connaissance de Gustave Roud et de Charles-Ferdinand Ramuz.


Prophète incompris des Valaisans, poète des montagnes, il a écrit deux livres violents: Le match Valais-Judée (1968) et le pamphlet Les maquereaux des cimes blanches (1976) où il dénonce la civilisation des affairistes. Des textes accusateurs qui provoquent une campagne de presse d'une violence inouïe.


Il écrira également Le Valais au gosier de grive (1960), le Chant de la Grande Dixence (écrit dès 1959, publié en 1965), Le portrait des Valaisans (1965), Office des Morts (écrit en 1963, publié en 1966), Tendres Campagnes (écrit en 1962, publié en 1966), L'aventure de Chandolin (1983), Évangile selon Judas (2001)…


En 1985, les remous se sont calmés et l'Etat du Valais lui décerne son Grand Prix en «reconnaissance pour les avertissements précieux». Il reçoit également le Grand Prix Schiller en 1997 pour l'ensemble de son oeuvre. Il s'éteint le 15 janvier 2009 à Martigny.