Abbé Pierre Kaelin

L'abbé Pierre Kaelin en 1976.

Interviewé dans Présence catholique en 1976, le chef de choeur et compositeur fribourgeois Pierre Kaelin évoque les moments forts de sa vie: sa vocation religieuse, ses études musicales, sa rencontre avec Raoul Follereau et l’abbé Pierre.

Le prêtre fourmille d’activités: direction de chœur, enseignement,  composition musicale… Il est même  l’inventeur du tékaphone, un instrument de synchronisation de play-back!

Portrait d’un homme passionné, curieux et attachant, une grande figure du chant choral en Suisse.

Né le 12 mai 1913, Pierre Kaelin passe son enfance à Estavayer-le-Lac,  jusqu’à ce que  sa famille s’installe à Châtel-St-Denis. Entré au Grand Séminaire en 1933, il est ordonné prêtre en 1937.

Initié à la musique par Carlo Boller, il se perfectionnera à Paris à l’Ecole César Franck, puis à l’Institut grégorien de l’Abbaye de Solesmes. En 1949, il devient professeur à l’Ecole Normale de Fribourg, qui forme les futurs instituteurs du canton.  Dès 1955, il enseigne la direction chorale au Conservatoire fribourgeois.

Considéré comme le fils spirituel de l’abbé  Bovet, il fonde en 1952  le chœur de la Chanson de Fribourg.  Pierre Kaelin va également poursuivre une riche carrière de compositeur de chants populaires.  Il collaborera à plusieurs reprise avec Emile Gardaz, qui oeuvrera  en tant que parolier. A la tête du Chœur symphonique de Fribourg, il se consacrera à un répertoire plus classique. Avec La symphonie des deux mondes,  il crée une œuvre engagée,  aux prises avec son temps, et à laquelle vont collaborer Dom Helder Camara et John Littleton.

Aux côtés de Raoul Follereau, il  fondera  CIMAL, Centre d’information mondiale anti-lèpre, et s’engagera dans la lutte contre la terrible maladie. Aussi actif que créatif,  Pierre Kaelin est l’inventeur du fameux tékaphone, un appareil de synchronisation de play-back. Le prêtre musicien  s’éteint en 1995.

  • Journaliste: Jean-François Nicod