Visite de la centrale

Le site de construction du réacteur de Lucens, en 1965.

La centrale de Lucens, construite dès 1962 dans un but expérimental, fut la première centrale nucléaire en Suisse romande et la dernière aussi à ce jour dans notre région.

Ces images tournées en 1966 avant que la centrale nucléaire de Lucens ne soit opérationnelle sont exceptionnelles pour l'époque. Les caméras de la TSR filment des parties de la centrale qui seront inaccessibles une fois l'installation en production.

Le présentateur de ce documentaire, Alexandre Burger, était alors directeur de l'information de la TSR, il deviendra plus tard directeur des programmes. Nous visitons à ses côtés la centrale flambant neuve en compagnie de l'un des ingénieurs responsables. Il explique le fonctionnement d'un réacteur nucléaire.

Dans les années 60 le ton est à l'optimisme et le développement naissant des centrales nucléaires un espoir pour les scientifiques, les industriels et les politiques. Deux ans et demi plus tard le réacteur sera détruit dans l'accident qui mettra brutalement terme à cette aventure.

La centrale nucléaire de Lucens symbolisait en Suisse dans les années 60 les espoirs des technologies nucléaires civiles encore toutes récentes. Opérationnelle en 1968, un accident met fin à l'aventure le 21 janvier 1969. Une partie du coeur entre en fusion, c'est l'un des problèmes les plus redoutés dans le domaine. En 2009 l'accident était classé parmi les 10 plus importants pour le nucléaire civil dans le monde.

Les opérations de démantèlement dureront des années. Une contamination massive de l'environnement a pu être évitée. A partir de 1997 le site sera utilisé pour entreposer les biens culturels des musées vaudois.

Fin 2011 - début 2012 une augmentation du taux de tritium est mesurée dans le système de drainage de l'ancienne centrale. Ce taux, même s'il reste très inférieur aux valeurs limites, inquiète les experts et la population et les contrôles sont renforcés.  L'Office fédéral de la santé publique prévoit de surveiller le site jusqu'en 2022, date à laquelle les restes de radioactivité encore présents à l'intérieur du dispositif ne seraient plus un problème.

  • Journaliste: Alexandre Burger