Patois à Evolène

Deux Evolénardes s'entretiennent en patois, 1999

La réalisatrice Simone Mohr consacre un reportage en 1999 au patois d'Evolène, et à sa spécialiste, la dialectologue Gisèle Pannatier.

Le patois évolénard est un des rares en Suisse romande à ne pas avoir disparu et à être toujours vivant. Transmis en famille, il est encore utilisé par des jeunes générations, qui le font vivre, en le mâtinant de termes français, voire anglais pour les nouveautés!

Clin d'oeil, Simone Mohr commente son reportage en bon allemand, et non en dialecte suisse alémanique!

Dès le XIXe siècle naît la volonté d'éradiquer les patois romands, au profit du «bon parler» français.

Les dialectes locaux sont en effet considérés à l'époque comme grossiers, paysans, inférieurs à une langue de l'élite, la langue française de Paris. En Suisse romande, ils appartiennent pour la plupart au francoprovençal (excepté le patois jurassien), varient d'une région à une autre, et ont aussi pour défaut de ne pas avoir de tradition écrite.

Ils meurent lentement par la volonté d'un enseignement scolaire centré sur le bon français, ce qui aboutit à leur quasi disparition au cours du XXe siècle: un important pan de la culture et de l'histoire romandes s'éteint ainsi.

Quelques régions ont cependant conservé un usage familier du patois, même s'il n'atteint pas la pratique des différents dialectes en Suisse alémanique.

Pourtant, une renaissance de l'usage du dialecte se fait jour dès les années 70, car on prend conscience de la richesse linguistique et culturelle de ces parlers romands.

En fait, il semble tout à fait possible de les faire cohabiter avec l'usage du bon français, ce que font quotidiennement les usagers du dialecte.

A noter que dans de nombreuses régions, seuls les intonations typiques -l'accent caractéristique- des régions romandes demeurent, comme souvenance de l'utilisation de ces dialectes.

  • Réalisateur: Simone Mohr