Melvin Van Peebles

Le réalisateur revient sur la distinction entre les héros et les salauds.

La permission est le premier long-métrage de Melvin Van Peebles. Le scénario – un GI noir tombe amoureux d'une jeune Française – est tiré du roman qu'il a écrit à Paris.

Dans cet extrait de Cinéma vif, on assiste à une certaine déconvenue de Rodophe-Maurice Arlaud qui veut à tout prix voir dans La Permission un film sur le racisme. Melvin Van Peebles, lui, espère que son film ne sera pas fatalement réduit à cette thématique. Quelques années avant de réaliser son plus fameux film, Sweet Sweetback's Baadasssss Song, qui lui vaudra d'être considéré comme le père du «Blaxploitation movie», il esquisse une intéressante réflexion sur la caractérisation classique des personnages en héros ou en salauds.

Fils d'un teinturier, Melvin Van Peebles est né à Chicago en 1932. Après son service militaire dans l'US Air Force, il devient le premier noir courtier en Bourse. Son intérêt pour le cinéma, la peinture et la littérature le pousse à réaliser des courts-métrages qui attirent l'attention de la Cinémathèque française. Il s'installe à Paris où il vit d'expédients. Il collabore notamment au magazine Hara-Kiri, écrit plusieurs livres et réalise son premier long métrage tiré de son roman La Permission qui raconte une idylle entre un GI noir et une jeune Française. Tourné en noir et blanc, le film est présenté au Festival de San Francisco où il reçoit le Prix de la critique.

Tandis que la Californie est confrontée à de fortes tensions raciales, Melvin Van Peebles tourne Watermelon Man, une comédie antiraciste. En 1971 sort Sweet Sweetback's Baad Asssss Song aux Etats-Unis et devient un grand succès public. Ce film devient une référence de l'émancipation sociale et culturelle des Afro-Américains. Ce film raconte l'histoire d'unN Noir, Sweetback incarné par Van Peebles, emmené par la police pour servir d'appât lors de l'arrestation d'un autre Noir qui sera passé à tabac. Sweetback tue les deux policiers et se lance dans une course éperdue pour sauver sa peau. Ce film de Melvin Van Peebles est resté sans équivalent.

  • Journaliste: Rodolphe-Maurice Arlaud
    Réalisateur: François Bardet