Avec Louis Gaulis

L'écrivain Louis Gaulis, 1974.

En février 1974, l'émission Voix au chapitre rencontre l'écrivain genevois Louis Gaulis dans le petit village savoyard de la Chapelle-d'Abondance. Louis Gaulis s'y installe durant les mois d'hiver pour écrire et surtout pour lire ses nouvelles dans les cafés de villages. Là, il recueille aussi avec passion les histoires qu'on lui rapporte, matériau de son inspiration.

L'auteur confie tout le plaisir, et l'enrichissement, que constitue la transmission orale de la littérature. Plaisir sans nul doute partagé par ses auditeurs.

Personnage aux facettes multiples, tour à tour comédien, auteur de théâtre, conteur, romancier, voyageur et ethnographe, Louis Gaulis est né à Londres en 1932, de parents suisses, dans un milieu cosmopolite et ouvert. Il passa son enfance et sa jeunesse à Genève.

Après avoir entamé des études de droit et d'ethnologie, il se tourna vers le monde du spectacle genevois où il s'illustra au Moulin à Poivre dans les années soixante. Il fut l'un des fondateurs du Théâtre de Carouge, et participa à cette aventure théâtrale comme comédien et auteur aux côtés de Philippe Mentha, Georges Wod et François Simon.

En 1960, Louis Gaulis offrit au Théâtre de Carouge l'un de ses premiers grands succès avec la création de sa pièce Capitaine Caragheuz, un spectacle truculent. En 1964, L'ingénieux Sancho Pança  puis en 1967,  Le serviteur absolu y trouvèrent également leur public.

Conteur extraordinaire, il aimait lire de courts récits dans des cafés: ces histoires furent rassemblées en un recueil intitulé La Corvée de bois. A la télévision et à la radio, il avait également trouvé un large public qui appréciait son talent, sa sensibilité et sa gaîté.

En 1976, retiré sur l'île d'Egine en Grèce, il écrivit son unique roman Zig-Zag Street paru 2 ans après sa mort. Il reprit l'écriture théâtrale en 1977 avec Le singulier combat du chevalier Gaspard, une pièce présentée lors du festival de la Cité à Lausanne: à nouveau, une belle réussite populaire.

Dès 1972, poussé par le goût des voyages, le besoin de changer d'air et de faire le plein d'expériences, il avait accompli des missions temporaires pour le CICR. C'est au cours de l'une d'elles, à Tyr au Liban, qu'il trouva la mort le 29 mars 1978, dans des circonstances mal éclaircies.

Louis Gaulis occupait une place tout à fait singulière parmi les écrivains suisses romands. Ami de Nicolas Bouvier, personnalité extrêmement attachante, il ne faisait partie d'aucune école et n'était guidé que par la fantaisie et le plaisir d'écrire et de conter.

  • Journaliste: Catherine Charbon
    Réalisateur: Philippe Grand