La rue Saint-Ours

Pour Georges Haldas, un nécessaire retour à l'enfance.

Janvier 1974, il y a peu, l'écrivain Georges Haldas a publié un ouvrage intitulé «Chronique de la rue Saint-Ours». Pour l'émission Voix au chapitre, il s'explique sur sa vision de l'écriture et sur le but qu'il confère à son travail. Le livre n'est pas une fin en soi : la littérature doit être au service de la vie.

Attablé dans un bistrot de cette rue qui a compté dans son existence, l'écrivain dit au journaliste François Enderlin son désir d'«être plus présent au monde» et sa volonté de pousser son lecteur à la réflexion sur sa propre vie. Son retour au passé ne vise pas le pittoresque mais une plongée dans l'énergie vitale de l'enfance et une reprise de contact avec soi-même.

Georges Haldas est né le 14 août 1917 à Genève, de père grec et de mère suisse. Poète, essayiste, traducteur (Prix Schiller 1971 et 1977, Grand Prix de la ville de Genève 1971, Prix Taormina 1970) il a publié une soixantaine de livres. Son oeuvre est marquée par son souci constant de précision et l'attention portée à chaque instant vécu. Il a publié des chroniques (Boulevard des philosophes, La Légende des cafés, Le Livre des passions et des heures), des poèmes (Le Couteau dans la plaie, Un grain de blé dans l'eau profonde) témoignant d'une conception mystique de l'écriture. Georges Haldas est devenu un des maîtres contemporains du journal et de l'autobiographie.

On lui doit également une traduction d'Anacréon, de Catulle et de Humberto Saba.

Il s'est éteint le 25 octobre 2010.

  • Journaliste: François Enderlin
    Réalisateur: Jean-Pierre Garnier