Que vive le patois!

Le patois gruyérien, la langue des armaillis.

Les patois romands ont disparu de nombreuses régions de Suisse romande au XXe siècle. Seuls quelques-uns ont résisté à cette éradication systématique.

L'émission Viva fait l'état des lieux en avril 1997, car les situations sont très différentes suivant les régions.

A Evolène, en Valais, le dialecte est encore très pratiqué: les habitants, même les jeunes, en sont fiers et continuent à le parler.

En Gruyère et en Ajoie, la lutte est constante pour garder vivant le patois: les passionnés écrivent, chantent, et donnent des cours aux jeunes pour le maintenir.

Pour conserver l'histoire de ces parlers locaux, les linguistes du centre de dialectologie de Neuchâtel travaillent la rédaction du Glossaire des Patois de la Suisse romande, depuis 1899. La technologie moderne, permettant l'enregistrement des sons et des images, leur vient aussi actuellement en aide, pour mieux sauvegarder les dialectes et les intonations.

Dès le XIXe siècle naît la volonté d'éradiquer les patois romands, au profit du «bon parler» français.

Les dialectes locaux sont en effet considérés à l'époque comme grossiers, paysans, inférieurs à une langue de l'élite, la langue française de Paris. En Suisse romande, ils appartiennent pour la plupart au francoprovençal (excepté le patois jurassien), varient d'une région à une autre, et ont aussi pour défaut de ne pas avoir de tradition écrite.

Ils meurent lentement par la volonté d'un enseignement scolaire centré sur le bon français, ce qui aboutit à leur quasi disparition au cours du XXe siècle: un important pan de la culture et de l'histoire romandes s'éteint ainsi.

Quelques régions ont cependant conservé un usage familier du patois, même s'il n'atteint pas la pratique des différents dialectes en Suisse alémanique.

Pourtant, une renaissance de l'usage du dialecte se fait jour dès les années 70, car on prend conscience de la richesse linguistique et culturelle de ces parlers romands.

En fait, il semble tout à fait possible de les faire cohabiter avec l'usage du bon français, ce que font quotidiennement les usagers du dialecte.

A noter que dans de nombreuses régions, seuls les intonations typiques -l'accent caractéristique- des régions romandes demeurent, comme souvenance de l'utilisation de ces dialectes.

  • Journaliste: Odette Mudry
    Réalisateur: Annie Butler