La fraise noire

La fraise noire

A l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles La fraise noire (La Guilde du Livre 1968), Corinna Bille s'explique sur le choix du titre, qui se réfère à la fois aux fraises de novembre, au symbole de la  femme aimée et à l'érotisme.

A nouveau, dans un cadre naturel à la fois dur et grandiose, l'écrivaine déploient les thèmes qui ont fait sa renommée: amour impossible, inceste, meurtre, religion pervertie... Pourquoi cette violence, alors que Corinna Bille semble si aimable, bienveillante, maternelle? A l'en croire, il y a une violence en elle qu'elle doit exprimer: c'est pour cela qu'elle écrit.

Corinna Bille naît en 1912 à Lausanne. Fille du peintre Edmond Bille et de Catherine Tapparel, elle épouse le poète valaisan Maurice Chappaz, avec qui elle aura eu trois enfants.

Corinna Bille passe la majeure partie de son enfance en Valais, région qui va fortement influencer son œuvre. Après un séjour à Paris (1934-1936), elle publie son premier recueil de poèmes Printemps en 1939 et son premier chef-d'œuvre romanesque Théoda en 1944, qui sera suivi du Sabot de Vénus en 1952 et de plusieurs recueils de nouvelles.

Ces écrits, empreints de réalisme, restituent l'âpreté de la vie montagnarde, les parfums de la végétation et les passions sourdes. C'est avec La demoiselle sauvage en 1974 que son talent est reconnu à l'étranger. L'écriture l'emporte, toujours plus impérieuse, plus féconde, avec un emploi du rêve, systématique dès 1973, livrant une thématique de l'errance, un érotisme candide, la confusion entre les règnes végétal et animal et la quête de l'unité paradisiaque, non sans cruauté ni humour, dans Deux passions de 1979 notamment. Elle s'éteint à Sierre en 1979.