Jean-Luc Godard

Jean-Luc Godard

En 1990, Jean-Luc Godard est en compétition officielle à Cannes avec son film Nouvelle Vague, qui met en scène l'acteur français Alain Delon.

Après la projection, c'est au tour de la traditionnelle conférence de presse. Le réalisateur va profiter de cette tribune pour se livrer à une magistrale  leçons d'éthique du cinéma. Il déteste le star-système et le fait savoir. Pour lui, la notion d'auteur, fondamentale pour la Nouvelle Vague, a été totalement dévoyée. Les cinéastes cherchent moins à  devenir des personnes que des personnalités...

Jean-Luc Godard est un cinéaste franco-suisse né à Paris le 3 décembre 1930 dans une famille bourgeoise protestante. Il fait ses écoles d'abord à Nyon puis son lycée à Paris. Il fait des études de lettres et de sciences à la Sorbonne puis prépare un certificat d'ethnologie.

Parallèlement à ses études, il fréquente assidûment le Ciné-club du Quartier Latin et la Cinémathèque française. Dès 1950, il écrit dans la Gazette du Cinéma, puis dans les Cahiers du Cinéma, sous le pseudonyme Hans Lucas. En 1952, il revient en Suisse pour échapper au service militaire. Il travaille alors brièvement à la Télévision Suisse Romande. En 1954, il travaille comme ouvrier sur le chantier de construction du barrage de la Grande-Dixence et y réalise son premier court-métrage, Opération Béton.

En 1958, il collabore avec François Truffaut sur Une histoire d'eau. C'est avec Charlotte et son Jules que Godard affirme son style. Parallèlement à ses propres films, il joue comme comédien dans les films de ses amis du mouvement de la Nouvelle Vague, Eric Rohmer et Jacques Rivette. En 1959, il réalise A bout de souffle, avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, une lecture critique du thriller américain et qui fut le véritable manifeste de la Nouvelle Vague. L'autre coup de poing contre le classicisme ambiant sort dans les salles en 1965 : il s'agit de Pierrot le fou. Attiré par la série B américaine et son monde de gangsters, JLG met en scène des marginaux en quête d'idéal.

En 1960 il épouse Anna Karina, comédienne dans son film A bout de souffle. Ils divorcent en 1965 après le tournage de Pierrot le fou.

En 1968, il fonde le groupe Dziga Vertov avec des militants marxistes, avec lesquels il se consacre à un cinéma à revendications sociales. Il s'agit d'élaborer d'autres codes pour promouvoir un cinéma politique nouveau. Godard entre dans sa période « sociologique ».

Dès 1973, il commence à travailler avec la scénariste Anne-Marie Miéville, qui devient sa compagne. Ensemble, ils réalisent plusieurs documentaires-fictions, entre vidéo et télévision. La vidéo lui permet de parcourir seul toute la chaîne de création – production de ses films.

En 1984, afin de financer Je vous salue Marie, il accepte de réaliser un film de commande (Détective) qui est présenté à Cannes, où il est victime d'un « entartage ». Je vous salue Marie, suscitera la polémique et l'indignation des intégristes : il place le mystère de l'incarnation dans le monde moderne…

Dans la fin des années 1980 et le début des années 1990, il réalise plusieurs longs métrages, dont Nouvelle Vague, dans lequel il tourne délibérément le dos à tout procédé réaliste de narration continue. Il se lance alors parallèlement dans le projet ambitieux d'un documentaire retraçant la grande épopée du cinéma : c'est Histoire du cinéma, pour lequel il reçoit un César d'honneur en 1998.

En 2001, il fait son retour à Cannes avec Eloge de l'amour, comme en 2010 avec Film socialisme, pour lequel il est nominé dans la section un Certain Regard.

  • Journaliste: Christian Defaye